La fonte des glaces faciliterait la navigation dans la baie d’Hudson
Il serait possible de naviguer dans la baie d’Hudson toute l’année, selon des études de faisabilité. Celles-ci préviennent toutefois que la présence des glaces continuera de présenter des difficultés au cours des prochaines décennies, malgré les effets des changements climatiques.
À l’heure actuelle, la navigation dans la baie se limite à une période d’environ quatre mois, entre juillet et octobre ou novembre, lorsque les eaux sont libres de glace.
Ces études visaient à déterminer s’il était possible d’étendre la saison de navigation.
Le Manitoba cherche actuellement à attirer des investisseurs pour soutenir ce projet de plusieurs milliards de dollars visant à agrandir le port de Churchill et à moderniser le Chemin de fer de la baie d’Hudson.
Pour l’une de ces études, Arctic Gateway Group, l’entreprise propriétaire du port de Churchill et du Chemin de fer de la baie d’Hudson, s’est associée à Fednav, une entreprise de navigation, afin de déterminer comment rendre possible la navigation pendant toute l’année à cet endroit.
Des navires spécialisés dans les défis de la glace
L’étude a conclu qu’il est bel et bien possible d’étendre la saison grâce à des navires de transport de marchandises adaptés à la navigation dans les glaces. Cela dépendra toutefois de l’environnement glaciaire très dynamique de la baie d’Hudson
.
Par ailleurs, une autre étude d’Arctic Research Foundation, une organisation à but non lucratif, a estimé que le coût d’un navire en particulier serait d’entre 280 et 410 millions de dollars. Un autre navire de plus faible qualité coûterait entre 100 et 130 millions de dollars.
Une troisième étude, menée par un groupe d’universitaires, a conclu que la glace subsistera dans la baie d’Hudson, même si la température mondiale moyenne augmente de plus de 5 °C au-delà des niveaux préindustriels d’ici la fin du siècle.
Les scientifiques estiment actuellement que la température mondiale augmentera de 3,4 °C d’ici là.
Un corridor commercial stratégique pour le Nord
Arctic Gateway Group est composé de 29 Premières Nations et de 12 communautés isolées du nord du Manitoba.
Il entend rebâtir le chemin de fer, améliorer les centres d’entreposage au port, et utiliser le port pour transporter des biens plus tôt et plus tard dans la saison.
Wab Kinew a aussi évoqué la possibilité de construire un pipeline de pétrole à Churchill et de construire une rue menant à la communauté qui serait accessible toute l’année.
Bien que les activités maritimes y soient demeurées limitées récemment, Arctic Gateway Group tente de séduire à nouveau les expéditeurs commerciaux depuis l’acquisition des installations auprès d’une société américaine en 2018.
Le président d’Arctic Gateway Group et maire de Churchill, Michael Spence, a indiqué qu’une première cargaison de céréales prendra la mer la semaine prochaine, suivie peu après d’un premier chargement de potasse.
À l’inverse, la ministre fédérale des Affaires du Nord et de l’Arctique, Rebecca Chartrand, soutient que les données scientifiques fournissent la crédibilité nécessaire pour rassurer d’éventuels partenaires.
Avec les informations de Bartley Kives et de La Presse canadienne
À lire aussi :

