Le débat sur l’exploration minière à Whitehorse s’intensifie

Un projet d’exploration minière dans les limites de Whitehorse continue de faire réagir, alors qu’une trentaine de personnes ont donné leur avis sur la proposition de modification du plan communautaire officiel de la Ville de Whitehorse soumise par la minière Gladiator.
Je crois que ce sera une longue soirée, a dit Kirk Cameron au début du conseil municipal lundi, devant une salle comble.
Le maire avait raison : la séance s’est conclue vers 21 h 45, après plus de 4 heures.
Certaines personnes attendaient même en dehors de la salle, si bien que le conseil municipal a invité ceux et celles ayant terminé leur allocution à suivre la séance à l’extérieur de la salle pour libérer des sièges.
La proposition de modification demande de changer certains endroits qui sont désignés comme étant des espaces verts dans le plan communautaire officiel en zones de planification future, notamment près du quartier Copper Ridge et de Mont Sima ainsi qu’au sud du lotissement Mary Lake.
La minière Gladiator souhaite apporter des changements à la section 15 du plan communautaire qui encadre l’utilisation de ces zones de planification future.
Elle propose l’ajout d’une nouvelle sous-section visant la ceinture cuprifère de Whitehorse qui permettrait, sous certaines conditions, que des activités d’exploration minière s’y déroulent temporairement.
D’autres modifications sont également suggérées.
La proposition de modification a été révisée après sa première lecture en juillet, pour ajouter une plus grande zone tampon près du lotissement Mary Lake et pour réduire le nombre d’hectares d’espaces verts dont on souhaiterait changer la désignation.
Malgré cela, environ deux tiers des témoignages entendus lundi soir demandaient le rejet de la proposition de changement.T
Trop vite, trop près, ou trop imprudent
Robin Reid-Fraser, de Wolf Creek, estime que cette proposition de modification arrive trop vite, alors que la Ville de Whitehorse est en train de développer un cadre pour réglementer les activités minières à l’intérieur des limites de la ville.
Ce n’est pas la bonne procédure de prendre une décision comme ça avant qu’il y ait des politiques en place et surtout de faire ça en été lorsqu’il y a plein de monde qui n’est pas là pour venir et participer, a-t-elle mentionné.

Au moins six autres personnes souhaitent que ce cadre soit d’abord mis en place, comme Christine Aikens, James Binifie et l’ancienne mairesse Laura Cabott.
L’idéal serait d’examiner cette question dans le cadre d’un processus complet de planification urbaine où tous les résidents seraient informés, a suggéré cette dernière.
D’autres ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’arrivée potentielle d’une mine à l’intérieur des limites de la ville, notamment en ce qui a trait à la pollution, au bruit, à la contamination de l’eau et à la perte d’habitat de nombreuses espèces.
Rick Griffiths et plusieurs autres ont dit craindre que ce changement n’établisse un précédent pour de futures demandes d’exploration minière.

Une demande raisonnable pour des besoins criants
Durant la réunion, on a également entendu des témoignages soutenant la proposition de la minière Gladiator. Certains, comme Tara Leduc, ont affirmé que les zones visées avaient déjà été endommagées et qu’elles ne correspondaient plus à la définition d’espace vert.
Selon un géologue de Mary Lake, Danièle Héon, le changement de désignation des zones proposé par la minière Gladiator est raisonnable.

Celle-ci a déploré le refus total
de sa communauté d’accepter l’importance d’explorer les ressources minières.
J’ai le sentiment que ma communauté est divisée, a-t-elle mentionné, retenant ses larmes.
Tim Green croit qu’il est nécessaire d’avoir l’information sur les quantités et la qualité de cuivre dans ce secteur, ce minéral étant jugé critique pour la transition énergétique. Il a ajouté que la phase de l’exploration minière a peu d’impact sur le territoire et est temporaire.
S’il devait y avoir une mine, Tim Green est d’avis que la proximité avec Whitehorse permettrait de diminuer la production de gaz à effet de serre causée par le transport.

Katie Swales a ajouté que les travailleurs pourraient voir leur famille quotidiennement et que la proximité de la mine pourrait en faciliter la surveillance. Le moindre de leurs faits et gestes sera scruté à la loupe
, a renchéri Randy Clarkson, de Mary Lake, qui soutient aussi la modification.
Un rapport de l’audience publique et des commentaires soumis en ligne sera présenté au conseil municipal en septembre.
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