À Yellowknife, la longue dérive de « Big Blue » cause des maux de tête

Pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds à Yellowknife, le quartier des bateaux-maisons fait partie intégrante du paysage. Mais l’un de ces chalets, « Big Blue », abandonné depuis 2023, sombre dans les eaux du Grand lac des Esclaves.
C’est un ancien résident de Yellowknife, Dan Gillies, qui a décidé il y a trois ans d’abandonner cette grande maison bleue à son sort.
Au moment de son départ, il avait écrit une lettre à ses voisins dans laquelle il transférait la responsabilité de son ancien logement à l’ensemble de la petite communauté.
Big Blue a, depuis, changé de propriétaire à plusieurs reprises, sans qu’aucun ne parvienne à remettre la maison à flot.
Rapidement, le dossier est devenu un problème épineux et une question est longtemps restée en suspens : à qui revient la responsabilité de démolir le chalet flottant?

La Ville de Yellowknife assure que le quartier Houseboat Bay ne fait pas partie de ses compétences.
La ville n’a pas de rôle en matière d’application de la loi ou de réglementation concernant la maison en train de couler, notamment en ce qui a trait aux risques de contamination potentielle, explique la Ville de Yellowknife.
Même son de cloche du côté d’Ottawa, qui, à travers Pêches et Océans Canada, avait tout de même évalué la structure en 2023.
Il avait été déterminé que le mandat de la Garde côtière canadienne ne s’appliquait pas, car la structure n’est pas un navire, étant donné qu’elle a été installée sur une plateforme qui n’est pas conçue pour la navigation sur l’eau, explique Pêches et Océans Canada par courriel.
Finalement, c’est le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) qui a pris l’affaire en main.
Le ministère de l’Environnement et du Changement climatique a ordonné à la communauté des bateaux-maisons et à un nouveau propriétaire, qui n’a pas été nommé, de retirer ou de stabiliser la structure.

Dans un communiqué, un groupe anonyme de voisins de Big Blue a confirmé qu’un membre de la communauté s’est engagé à s’en occuper, avec le soutien, notamment financier, des autres résidents du quartier.
Le responsable du projet a une expérience et une connaissance importantes des bateaux-maisons, des structures en acier et du travail qui y est associé, explique le collectif.
Au vu du mauvais état de la maison, il est prévu d’attendre que le lac gèle pour déplacer les premiers éléments. L’opération devrait se poursuivre jusqu’à l’été prochain avec le rapatriement de la structure sur laquelle elle flotte.
Le territoire et le groupe de résidents assurent que tous les objets et les systèmes ont été retirés du bâtiment. Par conséquent, disent-ils, les risques environnementaux ont été minimisés.
Avec les informations de Jessica Davey-Quantick.
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