Le trafic maritime dans le passage du Nord-Ouest a augmenté de 44 %, selon un rapport

Sur cette photo d’archives du 21 juillet 2017, des chercheurs contemplent depuis le brise-glace finlandais MSV Nordica le coucher de Soleil dans le détroit de Victoria, le long du passage du Nord-Ouest, dans l’archipel arctique du Canada. (David Goldman/AP Photo)
D’après un rapport du Conseil de l’Arctique, le nombre de navires qui empruntent le passage du Nord-Ouest est en forte augmentation, ainsi que les distances parcourues.

Le rapport, intitulé en anglais « Arctic Shipping Status Report – Shipping in the Northwest Passage », a été rédigé par le groupe de travail sur la protection de l’environnement marin arctique (PAME) du Conseil de l’Arctique.

Le groupe a réalisé ses travaux en puisant dans la base de données de l’organisation sur le trafic maritime arctique, et ce sur une période de six ans allant de 2013 à 2019. Le rapport a révélé qu’au cours de cette période, le nombre de navires uniques entrant dans la voie navigable a augmenté de 44 %, passant de 112 navires en 2013 à 160 navires en 2019.

Cette carte compare la traversée des navires dans le passage du Nord-Ouest entre 2013 et 2019. (PAME – Rapport sur l’état de la navigation dans l’Arctique #3)

En ce qui concerne la distance parcourue par les navires dans le passage du Nord-Ouest, le rapport a constaté qu’elle avait augmenté de 107 %, passant d’une moyenne de 2,98 milles nautiques par navire en 2013 à une moyenne de 6,17 milles nautiques en 2019.

La distance moyenne, qui peut sembler courte en apparence, comprend quelques traversées complètes mais il s’agit  principalement de simples aller-retours vers des ports donnés.   

Des navires battant pavillon canadien

Le terme de « passage du Nord-Ouest » est utilisé pour décrire les différentes routes maritimes qui traversent l’archipel arctique du Canada entre les océans Atlantique et Pacifique. Sa distance est d’environ 1 500 kilomètres d’est en ouest.

Notons que deux des routes du passage du Nord-Ouest sont considérées comme des voies en eau profonde, tandis que les autres sont peu profondes limitant la taille des navires capables de les emprunter.

Le document révèle également que la majorité des navires qui empruntent le passage du Nord-Ouest battent pavillon canadien, suivis dans l’ordre par les Îles Marshall, le Panama, les Bahamas et les Pays-Bas. Les embarcations les plus courantes sont des vraquiers, des cargos, des bateaux de pêche et des bateaux de croisière.

À ce titre, la base de données sur le trafic maritime dans l’Arctique divise la taille des navires en sept groupes basés sur la jauge brute (GT) qui est calculée à partir du volume des espaces clos d’un type de navire.

Les sept groupes sont les suivants :
  • <1000 GT
  • 1000-4999 GT
  • 5000-9999 GT
  • 10.000-24.999 GT
  • 25.000-49.999 GT
  • 50.000-99.999 GT
  • >= 100.000 GT

Le rapport indique que les bateaux qui naviguent dans le passage du Nord-Ouest n’étaient représentés, jusqu’à présent, que dans les cinq plus petits groupes.

« Aucun navire des deux plus grands groupes de taille (50 000-99 999 GT >= 100 000 GT) n’était présent, ce qui montre que les navires exploités dans le [passage du Nord-Ouest] sont comparativement plus petits que les navires exploités ailleurs », peut-on lire dans le rapport.

Dernier d’une série de rapports

Le document du Conseil de l’Arctique est le troisième des rapports de PAME sur l’état de la navigation dans l’Arctique. Les deux rapports précédents portaient sur les tendances de la navigation dans l’Arctique et sur le mazout lourd.

Rappelons que le Conseil de l’Arctique est un forum intergouvernemental qui se compose de huit États arctiques (Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Suède, Russie) et de six organisations internationales de peuples autochtones à titre de participants permanents : l’Association internationale des Aléoutes, le Conseil arctique des Athabaskans, le Conseil international des Gwich’in, le Conseil circumpolaire inuit, l’Association russe des peuples autochtones du Nord et le Conseil des Sâmes.

Le forum a été fondé en 1996 pour travailler sur le développement durable et la protection de l’environnement dans le Nord. Les six groupes de travail du Conseil de l’Arctique sont composés d’experts du monde entier qui examinent des questions allant de la protection de l’environnement au développement durable, en passant par les interventions d’urgence dans l’Arctique.

Précision
Cette nouvelle version comprend une précision sur la nature des déplacements dans le passage du Nord-Ouest.

Traduction par Ismaël Houdassine, Regard sur l’Arctique

Eilís Quinn, Eye on the Arctic

Eilís Quinn, Regard sur l'Arctique

Eilís Quinn est une journaliste primée et responsable du site Regard sur l’Arctique/Eye on the Arctic, une coproduction circumpolaire de Radio Canada International. En plus de nouvelles quotidiennes, Eilís produit des documentaires et des séries multimédias qui lui ont permis de se rendre dans les régions arctiques des huit pays circumpolaires.

Son enquête journalistique «Arctique – Au-delà de la tragédie » sur le meurtre de Robert Adams, un Inuk de 19 ans du Nord du Québec, a remporté la médaille d’argent dans la catégorie “Best Investigative Article or Series” aux Canadian Online Publishing Awards en 2019. Le reportage a aussi reçu une mention honorable pour son excellence dans la couverture de la violence et des traumatismes aux prix Dart 2019 à New York.

Son reportage «Un train pour l’Arctique: Bâtir l'avenir au péril d'une culture?» sur l'impact que pourrait avoir un projet d'infrastructure de plusieurs milliards d'euros sur les communautés autochtones de l'Arctique européen a été finaliste dans la catégorie enquête (médias en ligne) aux prix de l'Association canadienne des journalistes pour l'année 2019.

Son documentaire multimedia «Bridging the Divide» sur le système de santé dans l’Arctique canadien a été finaliste aux prix Webby 2012.

En outre, son travail sur les changements climatiques dans l'Arctique canadien a été présenté à l'émission scientifique «Découverte» de la chaîne française de Radio-Canada, de même qu'au «Téléjournal», l'émission phare de nouvelles de Radio-Canada.

Au cours de sa carrière Eilís a travaillé pour des médias au Canada et aux États-Unis, et comme animatrice pour la série «Best in China» de Discovery/BBC Worldwide.

Twitter : @Arctic_EQ

Courriel : eilis.quinn@radio-canada.ca

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