Les wapitis, les plus agressifs des animaux dans les parcs nationaux

Selon une étude, les wapitis sont impliqués dans près des deux tiers des incidents avec des animaux sauvages agressifs dans les parcs nationaux. L’étude a porté sur 25 parcs nationaux au Canada.
Elle s’est appuyée sur des données de Parcs Canada recueillies entre 2010 et 2023.
Ces données montrent que les cas d’agressivité envers les humains étaient survenus le plus souvent lorsque les visiteurs dans ces parcs nationaux pratiquaient des activités, comme la randonnée et l’observation de la faune.
Cinq espèces animales ont été étudiées dans le cadre de cette recherche : les wapitis, les cerfs mulets, les coyotes, les grizzlis et les ours noirs.
Les wapitis sont mentionnés dans plus de 60 % des quelque 3000 rencontres agressives recensées, dans plus de la moitié des rencontres survenues lors de la pratique de sports d’aventure comme le VTT, et dans 80 % des rencontres ayant eu lieu sur des emplacements de camping.
Les wapitis ont fait plus de rencontres avec des humains en ville que tout autre animal.
L’auteur de l’étude, Shashank Balakrishna, explique que ces résultats montrent que les gens ne savent pas toujours reconnaître quels animaux peuvent être dangereux.
Les wapitis sont des herbivores, et les gens ont donc tendance à croire qu’ils ne sont pas aussi agressifs que les grizzlis, affirme Shashank Balakrishna. Les résultats montrent que les gens sous-estiment la dangerosité des grands herbivores.
Nick de Ruyter, spécialiste de la faune sauvage, n’est pas surpris par ces conclusions.
Les wapitis passent beaucoup de temps dans la ville de Banff et ses environs, en partie pour échapper aux prédateurs, note-t-il. Et comme ils sont habitués à côtoyer les humains, ceux-ci peuvent finir par les considérer comme dociles.
Les gens s’approchent trop près. Ils essaient de les nourrir, de prendre des égoportraits avec eux, et cela conduit à des attaques, indique Nick de Ruyter.
L’agressivité des wapitis se manifeste notamment par des coups de sabot sur le sol, des charges simulées et des poursuites. Les attaques proprement dites ne représentaient que 1,6 % des rencontres.
Les ours représentaient pour leur part 27 % des rencontres agressives.
Les rencontres avec des grizzlis étaient le plus souvent associées à des activités, telles que la randonnée et la marche.
Comme l’explique Nick de Ruyter, lorsque les randonneurs restent silencieux sur les sentiers, cela conduit à davantage de rencontres inattendues avec la faune sauvage. Il est essentiel de faire du bruit
, en particulier dans les zones où l’on ne voit pas loin devant soi, conseille-t-il.
Les coyotes et les cerfs mulets ont été à l’origine du plus petit nombre de rencontres. Mais lorsqu’ils se sont montrés agressifs, c’était souvent en ville.
Avec les informations de Michelle McCann
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