La CSFY se prépare pour éviter une crise d’espace globale

L'école CSSC Mercier à Whitehorse, le 14 avril 2025.
Les élèves de l’école CSSC Mercier sont déjà à l’étroit à Whitehorse. (Photo d’archives : Radio-Canada/Sarah Xenos)

Un texte de Marie-Soleil Desautels

Déjà saturée au secondaire et portée par une croissance démographique soutenue, la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) prévient que son réseau scolaire devra bientôt composer avec un manque d’espace global.

Réunie au Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier (CSSC Mercier) pour son assemblée générale annuelle, la CSFY a présenté jeudi soir son Rapport sur les infrastructures 2026-2036. Celui-ci prévoit notamment une deuxième école élémentaire à Whitehorse.

D’entrée de jeu, le directeur général de la CSFY, Marc Champagne, a rappelé que la population du Yukon devrait augmenter d’environ 25 % d’ici 2036, selon les projections du Bureau de la statistique du Yukon, et que la communauté francophone croît plus rapidement que la population générale.

Un peu moins de la moitié des enfants d’ayants droit fréquentent le réseau francophone, a-t-il continué, laissant entrevoir un énorme potentiel de croissance.

On va avoir près de 700 élèves en 2036, dont environ 460 élèves au primaire, de la maternelle à la 7e année, et 230 élèves de la 8e à la 12e année, prédit-il.

La capacité totale des écoles à Whitehorse est actuellement de 432 élèves.

Un homme pose dans une salle de réunion.
Marc Champagne, directeur général de la CSFY. (Photo : Radio-Canada/Marie-Soleil Desautels)

Au printemps, la CSFY a rencontré le ministre de l’Éducation, Scott Kent, et Marc Champagne se réjouit de voir des dossiers avancer.

Le secondaire déjà au maximum de sa capacité

L’ajout de deux classes modulaires au CSSC Mercier est l’un d’entre eux et répondra à un besoin pressant. Construite en 2020 pour accueillir 150 élèves, l’école en compte 174 aujourd’hui.

Les deux classes ajouteront 50 places. Si tout se passe bien, on les aura pour la rentrée 2027, dit Marc Champagne.

Des fonds étaient déjà prévus au budget territorial, a indiqué le ministre Scott Kent, présent jeudi, ce qui leur a permis d’agir rapidement.

Cette solution n’est cependant que temporaire. La CSFY a étudié plusieurs scénarios de croissance et, selon celui de 4 % par année, l’École Mercier atteindrait sa nouvelle capacité en 2030-2031 et l’École Émilie-Tremblay dépasserait la sienne.

C’est dans cinq ans, ça s’en vient très rapidement, souligne Marc Champagne. La CSFY envisage aussi l’ajout d’une aile permanente au CSSC Mercier.

Scott Kent reconnaît l’urgence d’agir en réponse à la croissance démographique au Yukon. Ce qui m’empêche le plus de dormir, c’est de m’assurer que nous disposons d’espaces suffisants et de qualité pour nos élèves.

Un homme pose dans l'atrium d'une école.
Présent jeudi, le ministre Scott Kent reconnaît que la croissance démographique accentue la pression sur les infrastructures scolaires. (Photo : Radio-Canada/Marie-Soleil Desautels)

Réparations à Émilie-Tremblay

À l’École Émilie-Tremblay, les besoins à court terme sont liés à l’état du bâtiment. Le toit de l’école construite en 1996 doit notamment être changé.

Lors d’une visite au printemps, le ministre a pu voir tous les seaux placés dans les salles de classe pour attraper l’eau qui coulait à travers le toit, raconte Marc Champagne.

Depuis, une firme a été retenue pour les plans et devis. Les travaux ne devraient toutefois pas commencer avant 2027-2028, selon Scott Kent, leur financement n’étant pas prévu. Les prochains budgets permettront de préciser l’échéancier, dit-il, en ajoutant qu’il est crucial d’entretenir les infrastructures.

Une deuxième école élémentaire à Whitehorse

La CSFY prévoit qu’Émilie-Tremblay dépassera sa capacité de 282 élèves dans cinq ans. L’école compte déjà trois classes modulaires et il n’y a aucune possibilité d’agrandissement. Alors, le projet d’une nouvelle école s’impose.

La commission demande au gouvernement territorial de réserver dès maintenant un terrain dans le nord de Whitehorse, à Whistle Bend ou Porter Creek, pour construire une deuxième école élémentaire entre 2033 et 2036.

Le ministre Kent indique que des réserves scolaires existent déjà à Whistle Bend, mais qu’il faudra poursuivre les discussions avant de prendre un engagement.

Une deuxième garderie bientôt à Takhini

La pression sur le réseau scolaire francophone commence bien avant l’entrée à l’école, a aussi rappelé Marc Champagne. La peinture de la deuxième garderie francophone est d’ailleurs presque terminée, selon lui, et celle-ci ouvrira très bientôt dans le quartier Takhini. Initialement annoncée pour le printemps 2026, elle ajoutera 28 places aux 45 déjà offertes à Copper Ridge.

La liste d’attente demeure toutefois importante et frôle les 120 enfants, selon lui.

L’avenir du bâtiment de Takhini est par contre incertain, puisqu’il est à vendre. La CSFY souhaite acheter l’immeuble qui abrite aussi ses bureaux et l’École Nomade. Son option d’achat expire en décembre 2026 et la transaction doit être conclue d’ici fin mars 2027.

Scott Kent qualifie le dossier de prioritaire et affirme que son ministère se penche sur des questions légales.

Croissance ailleurs

La croissance ne se limite pas à Whitehorse. Le Programme Confluence, à Dawson, devrait également avoir besoin de nouveaux locaux dans les prochaines années et des services de garde y seront nécessaires.

Selon Véronique Maggiore, la présidente de la CSFY, Haines Junction fait aussi partie des communautés yukonnaises en croissance où la commission pourrait devoir répondre à de nouveaux besoins en français.

Une femme pose devant une table dans une salle de réunion.
Véronique Maggiore, présidente de la CSFY, lors de l’Assemblée générale annuelle. (Photo : Radio-Canada/Marie-Soleil Desautels)

L’AGA a également été l’occasion de souligner les 30 ans de la CSFY.

Les 30 premières années de la CSFY ont été marquées par la construction. Les 30 prochaines années devront être marquées par l’établissement, a dit la présidente.

La suite aura cependant lieu sans Marc Champagne. Il quittera ses fonctions de directeur général en février prochain et participait ainsi à sa 12e et dernière assemblée annuelle à ce titre.

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