Stabilisée, la FFT est prête à se tourner vers l’avenir

À Yellowknife, la Fédération franco-ténoise (FFT) tenait jeudi soir sa 48e assemblée générale annuelle. C’était ainsi l’occasion de revenir sur les réalisations de 2025-2026 et de se projeter dans les prochaines années.
Je pense qu’on a une belle participation, se réjouit la présidente reconduite du conseil d’administration, Sophie Gauthier. Ça va aussi faire avancer nos dossiers.
La directrice générale de la FFT, Audrey Fournier, illustre l’évolution de son organisme en utilisant la métaphore de la construction d’une maison : On travaillait vraiment sur les fondations, ensuite on a posé les murs, donc on a renforcé nos capacités, on a créé de nouveaux postes structurants, puis là on est rendus au stade où on se sent plus solides.
Tout n’est pas parfait, mais on se sent un petit peu plus stables, plus à même d’affronter les nouveaux défis qui s’en viennent pour nous, dit Audrey Fournier, directrice générale de la FFT.

La FFT a notamment vanté ses nombreuses actions réalisées dans différents domaines, de la santé à l’accès à la justice en passant par l’immigration.
L’organisme francophone a aussi souhaité renforcer ses liens avec d’autres groupes communautaires et les différents ordres de gouvernement, grâce à la création d’un nouveau poste pour la concertation et les relations communautaires.
Profiter des investissements à venir
Parmi les dossiers prioritaires que la FFT a présentés à ses membres jeudi, il y a celui du centre communautaire francophone, que la communauté demande depuis plusieurs décennies maintenant.
Yellowknife est en effet la seule capitale au pays à ne pas avoir de lieu de rassemblement adéquat pour la communauté francophone.
Plus tôt, cette année, des démarches avaient été entreprises pour relancer ce dossier.
On a un nouveau plan d’affaires qui a été remis très récemment, explique Audrey Fournier, avec des dessins pas assez précis encore […] Les prochaines étapes, c’est de se positionner auprès du gouvernement territorial, puis fédéral, de continuer à défendre ce projet-là.
Au-delà de ce projet d’infrastructure, la FFT veut profiter des investissements majeurs du gouvernement fédéral.
On va voir des demandes grandissantes […] et puis ça va faire aussi en sorte que la communauté va être plus vibrante, dit Sophie Gauthier, présidente du conseil d’administration de la FFT.
La directrice générale Audrey Fournier donne l’exemple de l’École Allain-St-Cyr, qui fait face à une surpopulation, mais a en même temps perdu plusieurs dizaines d’élèves cette année.
Mais c’est aussi quand même un défi là pour notre communauté parce qu’il y a plusieurs services déjà qui ne répondent pas à la demande, notamment nos écoles, dit Audrey Fournier.

Inclure, encore plus
Ces dernières années, la FFT a également renforcé son expertise sur les questions d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité, notamment en se dotant d’une politique en la matière en 2025.
Plusieurs études et rapports ont été menés pour documenter les réalités des francophones du Nord. La question du leadership des femmes en contexte nordique a par exemple été étudiée, tout comme celle des défis des nouveaux arrivants.
Dans l’assistance, Mario Nirinason voulait d’ailleurs apporter à la table de discussion le thème de l’intégration des francophones afro-descendants.
Étant moi-même originaire d’un pays de l’Afrique, je sais qu’il y a une certaine sous-représentation de cette communauté, estime-t-il. Il souhaite que la FFTcrée des liens un peu plus forts ou des programmes qui servent aussi cette communauté afro-descendante.

On se rend compte qu’on n’attire pas tout le monde, que tout le monde n’est pas à la table, reconnaît Audrey Fournier.C’est vraiment important pour nous d’être représentatifs et de toucher tout le monde qui parle français.
L’organisation désire aussi mieux intégrer la jeunesse franco-ténoise. Lors de son AGA, elle a abaissé l’âge minimal pour être membre à 14 ans.
C’est eux qui vont prendre la place. C’est eux qui vont continuer la vitalité. C’est eux qui vont vouloir défendre leurs droits, se réjouit Sophie Gauthier.
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