Une étude expose les défis linguistiques des nouvelles familles francophones des T.N.-O.

Selon un récent rapport de recherche de l’OIFC, depuis quelques années, les T.N.-O. représentent une étape transitoire pour bon nombre de nouveaux arrivants. De nombreuses familles y séjournent deux ou trois ans afin d’obtenir leur résidence permanente et déménager vers une plus grande ville canadienne.
(Radio-Canada/Thomas Ethier)

Par Thomas Ethier

Selon une étude dévoilée lundi, la récente évolution de la francophonie des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) entraîne de nombreux défis pour plusieurs nouveaux arrivants qui peinent notamment à se faire une place sur le marché du travail.

Autrefois composée en grande partie de titulaires d’un permis vacances-travail, la communauté des nouveaux arrivants francophones des T.N.-O. aurait évolué depuis 2022-2023 vers un profil majoritairement constitué de détenteurs de permis de travail temporaire.

C’est l’une des conclusions de l’étude menée de novembre à décembre 2025 par l’Observatoire en immigration francophone au Canada (OIFC), pour le compte de la Fédération franco-ténoise (FFT).

La cueillette, qui combine des entrevues individuelles et des groupes de discussion, s’est attardée aux différentes étapes du parcours migratoire de nouveaux arrivants, dans le but de « mieux cerner les obstacles et les leviers qui structurent l’attraction, l’établissement, l’intégration et la rétention aux T.N.-O., lit-on dans le document. »

Des barrières linguistiques

Le document doit servir à bâtir la planification stratégique quinquennale 2028-2033 du service Réseau en immigration francophone de la FFT.

Comme l’explique Marion Perrin, gestionnaire de l’immigration francophone à la FFT, de plus en plus de familles s’installeraient désormais aux T.N.-O. de façon transitoire, dans le cadre de leur processus d’immigration, avant de déménager vers les grandes villes canadiennes.

Or, plusieurs de ces familles arriveraient aux T.N.-O. de façon précipitée, avec une méconnaissance des réalités du territoire.

L’accès à l’emploi s’avérerait notamment plus complexe que prévu pour nombre de travailleurs, notamment en raison des exigences en matière d’expérience et de diplômes canadiens.

Or, selon Mme Perrin, ce sont d’abord les barrières linguistiques qui se dresseraient devant les compétences des nouveaux arrivants francophones.

Étant donné leur statut temporaire, ces travailleurs et leur famille ne se qualifient pas pour les programmes d’accompagnement d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, réservé aux résidents permanents.

« Ce sont de grosses discussions et des choses qu’on essaie vraiment de mettre de l’avant avec le gouvernement fédéral, parce que les résidents temporaires ont besoin de services pour pouvoir rester. »

Selon François Afane, directeur général du Conseil de développement économique des T.N.-O., c’est là l’un des principaux problèmes auxquels font désormais face un grand nombre de nouvelles familles francophones.

« Il n’y a tout simplement pas de ressources pour leur permettre d’acquérir un niveau d’anglais adéquat pour être embauchés. C’est un problème, et nous n’avons actuellement pas de solutions », dit-il.

« L’aide est accessible, mais de manière informelle, avec l’aide de la communauté », ajoute M. Afane. « Les liens qui peuvent se développer lors d’activités deviennent alors clés pour l’insertion professionnelle et sociale de ces nouveaux arrivants. »

En territoire inconnu

Kimberly Jean Pharuns, directrice générale de l’OIFC, a dirigé l’étude sur l’immigration francophone aux T.N.-O.

Selon elle, la méconnaissance des réalités du Nord et des services qui y sont offerts représente un défi particulier pour les personnes immigrantes.

La difficulté serait accentuée en dehors de Yellowknife, dans des communautés comme Hay River ou Inuvik, où l’accès à des services en français ferait souvent défaut.

« Qu’on parle d’accès au logement ou de services en français, il y a des défis rencontrés d’une province à l’autre pour les nouveaux arrivants francophones », souligne-t-elle.

« Or, un défi particulièrement propre aux T.N.-O. est une méconnaissance des réalités de la région », dit-elle. « Et il y a un besoin de services qui n’est pas comblé à l’heure actuelle pour accompagner ces personnes et les aider à l’insertion professionnelle et sociale. »

C’est donc sur les rapports informels, créés au fil de rencontres organisées entre autres par les organismes francophones, que les nouveaux arrivants trouveraient l’appui nécessaire.

« Il y a un bel écosystème d’organisme francophone aux T.N.-O., qui sont là pour accompagner les nouveaux arrivants », souligne la chercheuse.

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