Municipales à Yellowknife : des candidats répondent aux organismes franco-ténois

Par Thomas Ethier
À quatre jours des élections municipales à Yellowknife, les candidats ont maintenant l’occasion de s’adresser directement à la communauté francophone grâce à quatre questions qui leur ont été soumises par les principales organisations francophones établies dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.).
Le 13 octobre, date de tombée du sondage, environ la moitié des candidats, soit 11 sur 23, avaient fait parvenir leurs réponses à la Fédération franco-ténoise, qui a coordonné l’initiative. Les retardataires ont jusqu’au dimanche 18 octobre pour se manifester.
Les réponses ont été dévoilées jeudi matin sur le site web de la FFT, et peuvent être consultées en français.
Les quatre questions posées aux candidats ont été préparées par la FFT, l’Association francoculturelle de Yellowknife (AFCY), le Conseil de développement économique des T.N.-O. (CDÉTNO), Le Collège nordique et la Commission scolaire francophone des T.N.-O (CSFTNO).
Comme l’explique Audrey Fournier, directrice générale de la FFT, cette initiative avait d’abord pour objectif « d’ouvrir une conversation ».
On voulait sensibiliser les candidats aux réalités des Franco-Ténois, et faire connaître ces candidats à la communauté francophone, pour qu’il soit plus facile d’engager une communication lorsqu’ils vont être en poste.
Audrey Fournier, directrice générale de la Fédération franco-ténoise
Cette dernière souligne qu’à ce stade, les organismes n’ont pas pour objectif d’exprimer publiquement leurs attentes envers le futur conseil municipal ni de prendre position pour l’une ou l’autre des candidatures.
Des services en français?
À l’heure actuelle, la municipalité n’est pas tenue par la loi d’offrir des services municipaux ou des communications en français.
Une majorité des répondants se sont tout de même montrés disposés à prendre des mesures pour incorporer le bilinguisme à l’hôtel de ville, en incorporant des services de façon graduelle en fonction des besoins exprimés, par exemple, ou en traduisant le site web et les formulaires de la municipalité.
Les candidats ont également eu l’occasion, entre autres, de se prononcer sur les besoins en infrastructure scolaire francophone, sur l’équité des taxes scolaires – qui ne sont pas perçues par l’école francophone – et sur un futur centre communautaire francophone à Yellowknife.
Plusieurs des répondants ont dit vouloir collaborer avec les organismes responsables en défendant leurs intérêts auprès du gouvernement territorial, mais ont également souligné la portée limitée de la municipalité dans ce type de décisions.
« Tout ce qui touche le zonage, les taxes et tous les permis et procédures administratives qui peuvent représenter des obstacles ou des délais pour certains projets, en ce sens, la Ville peut être un allié », affirme Audrey Fournier.
Les grandes priorités d’abord
Ottawa annonçait en mars un investissement de 32 milliards de dollars pour moderniser les bases militaires existantes du Nord, notamment à Yellowknife. On s’attend ainsi à un possible afflux de membres des Forces armées, dont une importante proportion est francophone.
Selon François Afane, directeur général du CDÉTNO, en matière de croissance, la communauté francophone fait face, d’abord et avant tout, aux enjeux propres à l’ensemble de la population.
C’est le logement et le coût de la vie qui devront, selon lui, être les priorités de la communauté francophone.
Ça devient difficile de vivre à Yellowknife.
François Afane, directeur général du Conseil de développement économique des T.N.-O.
Les besoins spécifiques de la francophonie restent tout de même essentiels à ses yeux. Parmi ses grandes priorités pour le prochain conseil, M. Afane souligne l’inclusion d’une offre active de services en français à Yellowknife.
« Les nombreuses familles immigrantes et les militaires francophones qui sont attendus doivent savoir que la municipalité est derrière eux, et qu’elle offre des services adaptés à notre communauté, qui fait partie du tissu social de notre ville », dit-il.
« Il faudrait que le français soit plus visible et que la ville soit fière de pouvoir offrir des services en français. »
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