Nombre record de cas de tuberculose au Nunavik en 2025

Vue sur des maisons entourées de montagnes et d'une baie gelée.
Le village de Salluit, au Nunavik. (Photo : Radio-Canada/Amélie Mouton)

Alors que le Nunavik termine une nouvelle année record en matière de cas de tuberculose, Québec et Ottawa laissent entendre que de nouveaux fonds seront déployés pour freiner la transmission de la maladie dans la région et à travers l’Inuit Nunangat.

En date du 10 décembre, on enregistrait 112 cas actifs de la maladie dans la région, soit le plus haut niveau rapporté dans l’histoire récente.

La région afficherait ainsi l’un des taux de tuberculose les plus élevés au monde, selon Jessika Huard, responsable du programme d’élimination de la tuberculose à la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik.

Cette responsable dit avoir espoir que le gouvernement du Québec accordera un financement additionnel à la Régie pour lui permettre d’exécuter un plan d’action présenté plus tôt cette année.

Dans toute autre région du Sud, une maladie avec de telles conséquences entraînerait la création d’un fonds d’urgence et d’interventions à grande échelle, et cela se serait produit il y a longtemps, affirme Jessika Huard, Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik

Jessika Huard estime que le taux d’incidence au Nunavik cette année est plus de trois fois supérieur à la moyenne observée chez les Inuit au Canada en 2023.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a indiqué à CBC/Radio-Canada qu’un groupe de travail a commencé à aborder tous les aspects de la crise de la tuberculose au Nunavik.

Un financement fédéral en vue

La ministre fédérale des Services aux autochtones, Mandy Gull-Masty, a pour sa part déclaré qu’une décision de financement pour le prochain exercice financier est à venir.

Mandy Gull-Masty, ministre des Services aux autochtones du Canada.
Mandy Gull-Masty, ministre des Services aux autochtones du Canada et députée de Abitibi–Baie-James–Nunavik– Eeyou. (Photo : Radio-Canada/Olivia Stefanovich)

Le gouvernement fédéral s’était engagé, en 2018, à réduire les cas de tuberculose dans les régions nordiques de l’Inuit Nunangat de 50 % d’ici 2025 et à y éradiquer complètement la maladie d’ici 2030. Un budget de 27,5 millions de dollars sur 5 ans avait alors été alloué pour appuyer cet engagement.

Cinq ans plus tard, Ottawa a promis 16,2 millions de dollars de plus sur 3 ans.

Selon Mishael Gordon, qui dirige les efforts d’élimination de la tuberculose de l’Inuit Tapiriit Kanatami, l’organisation nationale inuit avait initialement demandé 131,6 millions de dollars à Ottawa pour éliminer la tuberculose dans l’ensemble de l’Inuit Nunangat.

La ministre Gull-Masty a déclaré que, en dehors du Nunavik, les trois autres régions inuit au Canada pourraient atteindre leur objectif de 2025.

Mme Gordon dit douter de cette prédiction. Elle souligne que le taux d’incidence de la tuberculose chez les Inuit était de 204,2 pour 100 000 personnes en 2023, soit plus de 36 fois le taux observé dans l’ensemble de la population canadienne, selon les plus récentes données de l’Agence de la santé publique.

En 2016, ce taux dans la population inuit était de 170,1 par 100 000 personnes.

Cela dit, les Inuit espèrent toujours que nous progresserons vers la cible d’élimination de 2030, avec des ressources continues de la part de nos homologues fédéraux , indique-t-elle.

Comme le souligne Mme Gordon, les répercussions de la tuberculose sont vastes, et des familles sont parfois séparées pendant des semaines lorsque quelqu’un doit être placé en quarantaine: « Si le chauffeur d’autobus ne peut conduire, certains enfants n’iront peut-être pas à l’école », fait-elle remarquer, ajoutant : « L’effet d’entraînement est énorme. »

Avec les informations de Samuel Wat

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