Aux T.N.-O., le secteur de l’énergie verte veut se positionner pour l’après-mines

Aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), les fermetures successives des mines de diamant laissent planer encore plusieurs interrogations sur l’avenir économique du territoire. La Mine Training Society, traditionnellement chargée de former les mineurs, tente désormais de se réinventer en orientant sa formation vers le secteur de l’énergie verte.
Dans un bâtiment administratif de Yellowknife, six personnes écoutent attentivement leurs formateurs du jour.
Pendant toute une fin de semaine, elles reçoivent un cours introductif à l’énergie solaire, offert dans le cadre du projet Sustainable North Our Workforce (SNOW).
J’ai suivi ce cours, car je voulais en apprendre plus sur l’énergie solaire, explique Clare Ramirez, qui participe à la formation.
Dans la salle, des panneaux électriques solaires entourent les participants qui s’y affairent entre deux explications théoriques.

Le but est de tenter de retenir des gens qui sont dans l’industrie minière ainsi que des membres de la communauté et de les aider à explorer d’autres avenues, comme dans le secteur de l’énergie verte, précise Steven Daniel, le directeur du programme SNOW.
« Cette occasion s’est présentée comme une nécessité avec la fermeture des mines », explique Steven Daniel, directeur du programme SNOW.
À mesure qu’elles interviennent, il y a un processus pour aider les mineurs à amorcer une transition.
Le gouvernement fédéral a alloué en septembre 2025 une enveloppe de plus de 8 millions de dollars (nouvelle fenêtre) à la Mine Training Society pour une durée de trois ans.
Ottawa vise ainsi à « offrir une formation professionnelle en personne à près de 1850 travailleurs ».
Les cours sont gratuits et un montant de 300 $ est accordé en fin de cycle à chaque participant.
Dans la pièce, les profils sont variés. Clare Ramirez avoue être arrivée dans cette formation sans trop en savoir sur le monde de l’énergie solaire.
J’ai envie d’appliquer ces connaissances au niveau personnel d’abord, et puis voir si je peux en faire une activité professionnelle, explique-t-elle.
Les cours n’aboutissent néanmoins pas à une certification ou à un diplôme, le but du projet SNOW étant de guider les personnes intéressées vers des formations plus concrètes ensuite.
Cap sur l’énergie verte
L’initiative s’inscrit aussi dans un contexte plus global de transition énergétique.
Dans le cadre de son plan stratégique sur le changement climatique pour 2030, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest entend réduire de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2005.
Tant le gouvernement fédéral que le gouvernement territorial essaient de réduire la dépendance aux énergies fossiles. Avec ces énergies vertes, les communautés peuvent devenir autosuffisantes et un peu plus indépendantes du diesel, constate Steven Daniel.
Il ajoute que ce qui suscite le plus d’intérêt, c’est l’énergie solaire, plus facile à installer et plus rentable.
Steven Daniel insiste aussi sur l’importance du potentiel pour le chauffage à la biomasse aux T.N.-O.
Selon le gouvernement fédéral, en 2023, 33 % du chauffage résidentiel du territoire provenait de la biomasse, soit le pourcentage le plus élevé au pays.
Les entrepreneurs et les gouvernements locaux se tournent vers les biocarburants, dit Steven Daniel, directeur de la programmation, projet SNOW. Ils y voient un atout économique, et cela aide à réduire les gaz à effet de serre et fournit aussi des emplois locaux.
Tournée des communautés
Au cœur de son mandat, le programme SNOW prévoit de faire une tournée de l’ensemble des 33 communautés des T.N.-O.
L’objectif est d’offrir aux résidents un aperçu des possibilités de développement, mais aussi d’emplois dans le domaine des énergies renouvelables.
Nous avons établi des profils pour chacune des communautés pour comprendre ce qui existe déjà et quelles occasions restent à explorer, dit le directeur du programme.
Le groupe s’est déjà rendu dans la région du Beaufort Delta, à Ulukhaktok notamment, où il a été question d’énergie éolienne et solaire.
Les gens voulaient en savoir plus, car ils voient le côté pratique de cette formation et ils voient que cela peut être profitable pour eux, mais aussi pour l’économie du Nord en général, conclut Steven Daniel.
À lire aussi :
