Une marche pro-choix à Whitehorse

Les participants se sont arrêtés devant l’Assemblée législative pour rappeler et défendre les droits des femmes. (Radio-Canada/Marie-Soleil Desautels)

Par Marie-Soleil

Quelques dizaines de personnes ont participé à une marche pro-choix à Whitehorse, jeudi, pour mettre de l’avant le droit à l’avortement et à la contraception.

Le Conseil du statut de la femme et l’organisme Les Essentielles l’ont organisée en réponse à des événements pro-vie qui se sont tenus la même journée partout au Canada, dont dans la capitale yukonnaise.

 « Aujourd’hui, nous marchons pour la justice reproductive, pour la souveraineté corporelle et des soins de santé sûrs et équitables pour tous  », a déclaré Nina Brandelik, directrice des Essentielles, devant le Totem de la guérison, au centre-ville de Whitehorse.

Après un premier discours, le groupe a marché le long du sentier Millennium jusqu’à l’Assemblée législative où les organisateurs ont de nouveau pris la parole avant de se rendre dans un parc.

La directrice générale du Conseil du statut de la femme du Yukon, Rae Lamache, en a profité pour énoncer les premiers constats d’une étude menée l’an dernier sur l’accès à l’avortement au territoire, qui incluait un sondage. L’organisme publiera son rapport prochainement.

Cet accès demeure  « très difficile » à l’extérieur de Whitehorse, a-t-elle affirmé,  « voire impossible ». Même à Whitehorse, a-t-elle continué, plusieurs obstacles persistent, notamment  « les difficultés logistiques, la stigmatisation liée à l’avortement et un grand manque d’information ».

Les organisateurs demandent au gouvernement d’apporter des changements afin d’améliorer l’accès aux soins de santé, y compris plus de soutien financier.

Cette marche, ont-ils continué, n’est que l’un des volets de leur mission sur la santé sexuelle et reproductive au Yukon. Ils ont aussi souligné l’importance de soutenir la clinique Opal, la seule du territoire spécialisée en avortement.

La Yukonnaise Denise Alfaro était parmi les participants au rassemblement :  « Je manifeste pour le droit à disposer de nos propres corps. Étant une femme, je souhaite que ce droit et ce choix soient protégés par nos gouvernements. »

Elle a aussi souligné l’importance de la clinique Opal qui est un  « espace très accueillant pour les femmes ».

La cheffe du Nouveau Parti démocratique du Yukon, Kate White, participait aussi à la marche.

Elle a souligné que les droits et l’accès aux soins des femmes ont reculé ces dernières années, ce qui rend leur défense d’autant plus essentielle, car « rien n’est acquis ».

Kate White a rappelé que les obstacles en milieu rural, comme la confidentialité et le transport, compliquent l’accès à l’avortement. Elle a insisté sur la nécessité de rendre ces soins, notamment l’avortement médicamenteux, gratuit et accessible en tout temps.

Selon Rae Lamache, l’accès à la pilule abortive est inégal, même à Whitehorse, et doit être grandement amélioré.

Des marches pro-choix et anti-choix se sont tenues ailleurs au Canada.

Pendant que certaines personnes manifestaient contre l’accès à l’avortement et à l’aide médicale à mourir, Rae Lamache a affirmé être là « pour défendre le droit des personnes de choisir quand et comment elles deviennent parents et, dans le cas de l’aide médicale à mourir, quand et comment elles choisissent de mettre fin à leur vie ».

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