Le gouvernement du Yukon ordonne une révision indépendante du système carcéral

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Le Centre correctionnel de Whitehorse. (Gouvernement du Yukon)
Le Centre correctionnel de Whitehorse, où Michael Nehass aurait commis des gestes violents ayant mené à des périodes de confinement prolongées. (Gouvernement du Yukon)
La ministre de la Justice du Yukon, Tracy-Anne McPhee, ordonne une révision indépendante des services correctionnels du Yukon pour éviter qu’un traitement comme celui vécu par Michael Nehass ne se reproduise.

Michael Nehass a été d’abord incarcéré en 2011 par rapport à des accusations de voie de fait, puis accusé de nouveau pour des gestes violents perpétrés au Centre correctionnel de Whitehorse.

Le détenu a été soumis à des périodes prolongées de confinement, jusqu’à 23 heures par jour, faute de programmation adéquate. Il s’est retrouvé en 2014 dans une audience devant la cour par caméra complètement dévêtu.

Devant ce traitement, un juge a décidé d’annuler son procès. Ce n’est que l’été dernier, dans un centre psychiatrique de l’Ontario, qu’il a reçu un diagnostic de schizophrénie. En vertu de la loi sur la santé mentale, Michael Nehass, maintenant exempt d’accusations, demeure sous la tutelle de l’État.

Il y a quelques semaines, les chefs de Premières Nations du Yukon avaient sonné l’alarme quant au manque de services et de programmation spécialisés dans le système judiciaire yukonnais.

Nous voulons savoir ce qui s’est passé dans ce cas-ci et quel service nous offrons présentement aux détenus avec des troubles de santé mentale et nous voulons nous assurer que [ce cas] ne se reproduise pas.

– Tracy-Anne McPhee, ministre de la Justice du Yukon

Inspection du Centre correctionnel de Whitehorse

C’est la première fois, selon la ministre, que la disposition permettant une révision est utilisée par le gouvernement. Tracy-Anne McPhee affirme que l’enquêteur indépendant aura accès à toutes les facettes du Centre correctionnel – l’édifice, les archives ou la programmation – et que le rapport sera rendu public. Le gouvernement disposera de 90 jours pour répondre, par écrit, à ce rapport.

« Je fais entièrement confiance au personnel et à la direction du Centre correctionnel de Whitehorse, indique Mme McPhee. À mon avis, une telle inspection devrait et sera réalisée par une personne avec l’expertise nécessaire et indépendante de l’établissement. »

La ministre ne rejette pas la possibilité qu’une enquête publique soit ordonnée dans l’affaire, mais soutient que la décision relèvera du Cabinet.

Le Conseil des Premières Nations du Yukon satisfait

Le grand chef du Conseil des Premières Nations du Yukon, Peter Johnston, s’est réjoui.

Les choses doivent changer pour réussir au territoire et l’un des morceaux importants et cruciaux est d’avoir un système de justice qui est basé sur l’équité, qui est éthiquement juste et nous sommes visiblement au fait de certains événements qui s’y déroulent.

– Peter Johnston, grand chef du Conseil des Premières Nations du Yukon

Peter Johnston affirme que les Premières Nations veulent d’abord et avant tout que les services et la programmation au Centre correctionnel soient améliorés.

Pendant le procès de Michael Nehass, la responsable des services correctionnels, Patricia Ratel, avait elle-même témoigné affirmant que le centre et son personnel n’étaient pas équipés pour gérer des cas de santé mentale.

Aucune date n’est encore choisie pour la tenue de cette inspection.

 

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