L’éducation post-secondaire au Nunavut grâce à des partenariats

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Les étudiants du nouveau programme de droit d’Iqaluit lors de leur rentrée en septembre 2017. Un partenariat entre le collège de l’Arctique du Nunavut, l’université de Saskatchewan et le gouvernement du Nunavut. (Ben Ralston, Collège de l’Arctique du Nunavut)
Le gouvernement du Nunavut mise sur les partenariats avec des universités canadiennes afin de mettre en place des programmes basés sur son territoire. En septembre, 25 étudiants ont entamé leurs études de droit à Iqaluit.

Tout sourire, les 25 étudiants du nouveau programme de droit du Collège de l’Arctique du Nunavut en partenariat avec l’Université de Saskatchewan posent lors de la cérémonie d’accueil de ce programme d’études juridiques. Ils sont à Iqaluit et vont y rester pendant les quatre années de leur programme, le premier depuis une décennie.

« L’augmentation des programmes offerts au Collège de l’Arctique du Nunavut est un autre exemple de notre engagement à offrir les meilleures études postsecondaires adaptées aux besoins de notre gouvernement (…), ce qui correspond à notre récent appel à des partenariats. »

– Richard Paton, vice-président du Collège de l’Arctique du Nunavut

Il y a un an et demi, le gouvernement du Nunavut a lancé un appel aux partenariats entre le Collège de l’Arctique et des universités canadiennes afin d’établir des programmes universitaires basés à Iqaluit. Un appel qui fait suite aux résultats d’une étude de faisabilité commandée par le gouvernement sur la possibilité d’installer une université au Nunavut.

Les résultats avaient démontré que les coûts seraient astronomiques et l’option serait presque irréalisable. S’il fallait, par exemple, compter uniquement sur les étudiants du territoire et s’il n’y avait pas de changement dans les études secondaires, il faudrait plus de 100 ans pour atteindre 500 étudiants.

« Le Nunavut ne peut satisfaire aux critères d’établissement d’une université autonome. »

– Paul Quassa, ministre de l’éducation en juin 2016 devant l’Assemblée législative du Nunavut

Le gouvernement a donc fait un appel aux universités intéressées à « augmenter l’enseignement supérieur sur le territoire du Nunavut.(…) Et nous prévoyons déjà travailler avec une institution canadienne en 2018 pour élargir nos programmes d’études », précise Richard Paton.

L’étude de faisabilité a ciblé onze programmes qui pourraient permettre à répondre aux besoins du marché du travail: administration publiques, gestion du tourisme, travail social ou encore études juridiques.

Le Collège offrait déjà, en collaboration avec des universités, des programmes universitaires en sciences infirmières et en éducation. S’ajoute donc, depuis septembre, le programme de droit qui répond à un besoin criant: la majorité des membres du barreau du Nunavut ne sont pas des résidents du territoire, selon M. Paton.

Des étudiants qui connaissent la culture de leurs futurs clients
« Constater le déficit d’avocats provenant du territoire et qui connaissent et comprennent la culture et la population a été un des principaux facteurs de motivation de l’Université de Saskatchewan pour établir ce programme. Notre espoir, notre désir est que ces étudiants restent au Nunavut et contribuent à leur communauté. »

– Stephen Mansell, directeur du programme de droit au Nunavut, faculté de droit de l’Université de Saskatchewan

Outre M. Mansell, trois autres professeurs de droit, dont deux provenant de Saskatchewan, vont donner des cours aux 25 étudiants, dont 19 Inuits, qui sont d’Iqaluit et basés à Iqaluit. Lors de la première année d’études, ils auront des cours spécifiques concernant le territoire comme les lois, traités et revendications territoriales ou encore la loi traditionnelle. Puis les autres années, les mêmes cours que ceux de la faculté en Saskatchewan seront dispensés, mais toujours à Iqaluit, avec possibilité d’échanges.

« Notre université a clairement laissé entendre que « l’indigénisation » sera l’un des principaux objectifs de notre collège et de notre université pour se conformer aux recommandations de la Commission Vérité et de la Réconciliation », a indiqué dans un communiqué le doyen de la faculté de droit de l’université de Saskatchewan, Martin Phillipson.

Étudier à Iqaluit
Nastania Mullin, ici avec sa mère et deux de ses enfants, est l’un des 25 étudiants du nouveau programme universitaire de droit basé à Iqaluit. (Nastania Mullin)

Nastania Mullin, 30 ans, est catégorique.

« L’école de droit n’aurait pas été une possibilité ni même une option pour moi si elle n’avait pas été à Iqaluit. Avoir ce programme à Iqaluit est extrêmement important. »

– Nastania Mullin, étudiant en droit à Iqaluit

Nastania Mullin, ici avec sa mère et deux de ses enfants, est l’un des 25 étudiants du nouveau programme universitaire de droit basé à Iqaluit grâce à un partenariat entre le gouvernement du Nunavut, le Collège de l’Arctique du Nunavut et l’Université de Saskatchewan.

« Ce programme est exigeant et le soutien local et familial sera déterminant dans notre succès », précise ce père de famille de trois enfants qui travaillait avant comme chef de projet au secrétariat de la dévolution, qui désigne la passation des pouvoirs du fédéral sur les terres publiques et les ressources du Nunavut au gouvernement du Nunavut.

Stephen Mansell se dit très excité par ce programme, et il espère que d’autres pourront se mettre en place, car c’est une « grande opportunité ».

C’est la deuxième fois qu’un tel programme est établi au Nunavut. En 2001, le programme de droit Akitsiraq avait permis à onze étudiants de graduer, dont l’actuelle mairesse d’Iqaluit, Madeleine Redfern, première inuite à travailler comme greffière à la Cour suprême du Canada ou encore Qajaq Robinson, l’une des cinq commissaires de la commission d’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

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Marie-Laure Josselin, Radio-Canada

Marie-Laure Josselin, Radio-Canada

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