Un plus petit trou de la couche d’ozone en Antarctique : quelle est la situation en Arctique?

Le trou de la couche d’ozone dans l’Antarctique. (Katy Mersmann/NASA Ozone Watch/NASA)
Pour la première fois depuis 1988, le trou de la couche d’ozone a atteint sa plus petite taille, a dit la NASA.

Le trou a atteint une circonférence maximale de 19,6 millions de kilomètres carrés, ce qui représente deux fois la grandeur des États-Unis, a indiqué la NASA la semaine dernière. Nous avons cherché à savoir si cette situation pourrait avoir des répercussions sur l’Arctique.  

«Pour l’Arctique, il est très difficile de prévoir », dit Sophie Godin-Beekman, présidente de la Commission internationale sur l’ozone et directrice de Recherche au Centre national de recherche scientifique en France (CNRS). 

Sophie Godin-Beekman, présidente de la Commission internationale sur l’ozone et directrice de Recherche au Centre national de recherche scientifique en France (CNRS). (Courtoisie Sophie Godin-Beekman)

Elle ajoute que la «modélisation de l’Arctique est beaucoup plus variable que dans l’Antarctique, par exemple une année il peut faire très, très froid et donc il y aura beaucoup de destruction d’ozone, mais en général la destruction d’ozone n’atteint jamais l’amplitude de celle dans l’Antarctique. L’année où on a vraiment vu un record c’est en 2011, là on a vu un niveau de destruction d’ozone qui approchait celui des années 1980 en Antarctique. Mais sinon on a  une destruction beaucoup plus faible. »

L’appauvrissement de la couche d’ozone

La destruction d’ozone s’observe en janvier, en février et  en mars en Arctique, la durée variera selon la structure dynamique qui isole les masses d’air dans cette région du monde. Pour l’Antarctique le phénomène se déroule vers la fin de l’hiver austral.

C’est d’ailleurs durant cette période, en 1985, que les scientifiques ont pour la première fois observé un trou dans la couche d’ozone.

Les changements de la grandeur du trou de la couche d’ozone dans l’hémisphère sud. (Katy Mersmann/NASA Ozone Watch/NASA)

Les rayons du soleil, en faisant leur retour dans cette région du monde, ont interagi avec des substances chimiques qui ont libéré des atomes de chlore ou de brome. Ces derniers, une fois libérés, détruisent l’ozone.  

Selon la NASA, les phénomènes atmosphériques de l’hiver austral de 2017 ont empêché les atomes de chlore et de brome de s’échapper, réduisant ainsi la grosseur du trou.

Vue aérienne lors d’une mission scientifique de la NASA pour l’observation de la formation de la glace sur la banquise de l’île d’Ellesmere en mars 2017. (Mario Tama/Getty Images)
Comment sera l’hiver 2018 en Arctique?

Alors que l’hiver pointe son nez en Arctique,  la directrice du CNRS nous met en garde : «il n’y a pas nécessairement un lien » entre ce qui s’est déroulé en Antarctique et ce qui se déroulera à l’hiver 2018 en Arctique pour la couche d’ozone.  

Interrogé sur le même sujet, David Plummer, chercheur scientifique à Environnement Canada, dit que les hivers de 2016 et de 2017 en Arctique n’ont pas connu des périodes assez froides pour créer les conditions atmosphériques qui détruiraient la couche d’ozone.

Selon les modèles existants, les conditions propices pour la destruction de la couche d’ozone surviennent environ aux cinq ans. Le chercheur scientifique à Environnement Canada cite en exemple les hivers très froids de 2000, 2005 et 2011. 

Il y a trente ans avaient lieu la création et la signature du Protocole de Montréal pour réduire la production et la consommation des produits nuisant à la couche d’ozone.

Comme ces produits sont de moins en moins utilisés, les scientifiques prévoient que le trou dans l’Antarctique pourrait se résorber autour de 2070.

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