Étude sur l’exposition des mammifères marins aux bruits sous-marins

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Des bélugas à l’aquarium de Vancouver, en 2002. (Don MacKinnon/Getty Images)
Le gouvernement du Québec octroie une subvention de près de 2,1 millions de dollars à l’Université du Québec en Outaouais pour étudier l’effet des bruits sous-marins sur des mammifères marins.

L’objectif est notamment d’étudier l’exposition des bélugas et autres mammifères marins aux bruits sous-marins. Cinq espèces sont particulièrement dans la mire des chercheurs : béluga, rorqual commun, rorqual bleu, petit rorqual, rorqual à bosse.

Québec souhaite atténuer l’impact du déploiement de la Stratégie maritime sur les mammifères marins.

« Nous souhaitons l’équilibre entre le respect de notre environnement, des espèces vivantes et l’économie, souligne le ministre responsable de la Stratégie maritime au sein de gouvernement du Québec, Jean D’Amour. Il y a déjà des gestes courageux qui ont été posés, notamment il y a des zones industrialo-portuaires au Québec qui n’ont pas vu et qui ne verront pas le jour parce qu’on nous faisait des recommandations contraires, on a respecté cela. »

Jean D’Amour, député de Rivière-du-Loup-Témiscouata, et ministre de la Stratégie maritime du gouvernement du Québec. (Patrick Bergeron/Radio-Canada)
« Si l’on peut poser aujourd’hui le geste que l’on pose pour protéger le béluga c’est notamment parce que l’on a une stratégie maritime au Québec qui est respectueuse de l’environnement et qui est tournée vers l’avenir. »

Jean D’Amour ministre responsable de la stratégie maritime

Le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins et l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada seront partenaires de l’Université du Québec en Outaouais dans cette recherche.

Ce programme de recherche de 5 ans sera placé sous la direction du professeur Clément Chion de l’Université du Québec en Outaouais qui se spécialise dans la modélisation des systèmes complexes.

« C’est un programme qui se veut intégrateur, explique Clément Chion, donc qui veut intégrer différentes connaissances qui sont acquises dans les différentes disciplines… dans un outil de gestion, un outil d’aide à la concertation… pour intégrer non seulement les aspects biologiques, mais également les préoccupations de l’industrie, les contraintes également au niveau de la logistique et de la sécurité maritime qui sont importantes lorsque l’on parle de prendre des mesures concrètes pour réduire les impacts sur les mammifères marins. »

Conséquences des bruits

Il existe plusieurs types de bruits que peuvent entendre les mammifères marins, rappelle Clément Chion.

« Il y a des experts spécialistes du bruit à Pêches et Océans Canada qui travaillent sur ces questions-là et on souhaite travailler de façon très proche avec ces gens-là pour s’assurer que ce que l’on intègre dans nos outils de simulation est conforme à ce que ces chercheurs en acoustique nous disent », indique Clément Chion.

Les impacts des bruits entendus par les bélugas peuvent être multiples.

« Il y a notamment le masquage, un navire passe et émet du bruit dans une gamme de fréquences qui sont les fréquences utilisées par les bélugas, ils ne pourront plus communiquer entre eux, ils vont avoir de la difficulté à se comprendre », illustre Clément Chion.

« Ils vont aussi avoir des difficultés à localiser leurs proies parce qu’ils utilisent l’écolocation qui sont aussi un type de fréquences acoustiques, poursuit Clément Chion. Aussi quand ils cherchent un partenaire de reproduction à ce moment-là il y a aussi des types de location qui sont utilisés et le masquage peut venir affecter ce genre de fonctions là. Et avec niveaux de bruits très élevés, il peut aussi y avoir l’endommagement de leur appareil auditif.

La crédibilité internationale du Québec

« Cela va apporter une crédibilité encore plus grande au Québec, lance Jean D’Amour. On démontre à tout le monde que le Québec se préoccupe de l’existence et de la survie du béluga et de l’ensemble des espèces… on se donne les outils pour prendre les bonnes décisions. »

Le gouvernement rappelle qu’il a consacré dans son budget en mars 13 millions de dollars pour la protection des espèces menacées, dont le béluga.

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