Pas de pénurie d’enseignants francophones dans le Nord canadien

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Le recrutement d’enseignants francophones est un défi, mais pas un problème dans le nord du pays. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)
Alors que des pénuries d’enseignants francophones frappent plusieurs provinces canadiennes, les commissions scolaires du Grand Nord réussissent à trouver ceux dont elles ont besoin. Les stratégies de recrutement portent leurs fruits au Yukon (nord-ouest), dans les Territoires du Nord-Ouest (centre-nord) et au Nunavut (nord-est), malgré certaines difficultés.

La situation est plutôt similaire dans les trois territoires du Nord. Tous ont réussi à pourvoir l’ensemble de leurs postes pour la rentrée scolaire, tout en affirmant sentir l’impact de la pénurie qui touche, par exemple, la Colombie-Britannique (sud-ouest), le Québec (est) et le Nouveau-Brunswick (sud-est).

Aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.)

La Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) n’a pas eu beaucoup de postes vacants à combler cet été. Une seule enseignante a été embauchée pour pallier un départ à l’École Boréale à Hay River, alors que les enseignants en congé ont pu être remplacés en prolongeant d’autres contrats.

L’École Allain St-Cyr est l’une des deux écoles francophones dans les T.N.-O. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

L’an dernier, deux enseignants avaient dû être embauchés en milieu d’année, une épreuve que la CSFTNO a surmontée, raconte sa directrice générale de la CSFTNO, Yvonne Careen.

« Généralement parlant, on a été chanceux, mais on a travaillé fort aussi. »

Yvonne Careen, directrice générale de la CSFTNO

L’an dernier, le conseil scolaire Yellowknife Catholic Schools n’avait pas réussi à pourvoir un poste en français pendant les quatre premiers mois de l’année scolaire. La spécialiste en alphabétisation du conseil avait dû enseigner à l’une des classes pour combler le manque.

Cette année, la directrice générale, Claudia Parker, s’estime chanceuse d’avoir réussi à pourvoir les cinq postes vacants, malgré une plus petite cohorte de nouveaux enseignants provenant de l’Université de Moncton (sud-est du Canada), l’un de ses bassins de recrutement habituel.

L’École J.H. Sissons accueille cette année plus de 350 élèves en immersion française, de la prématernelle à la 5e année. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)
« Il y a quelque chose à propos du Nord, c’est une aventure. On trouve que les profs des Maritimes souhaitent encore venir ici. »

Claudia Parker directrice générale, Yellowknife Catholic Schools

La situation est similaire au conseil scolaire YK1, qui mise aussi sur les enseignants provenant du Nouveau-Brunswick.

Cette année, il a embauché une demi-douzaine d’enseignants francophones pour combler, entre autres, des congés de maternité ou des congés sans solde.

Si le conseil a réussi à embaucher les enseignants nécessaires pour la rentrée, son directeur des programmes en français, Jean-Marie Mariez, admet que le recrutement au cours de l’année peut être plus complexe.

Les trois conseils scolaires estiment qu’il faut commencer à recruter tôt dans l’année pour contrer la baisse de candidats disponibles.

Au Nunavut

Avec 60 enseignants à trouver, le Nunavut vit une véritable pénurie d’enseignants depuis quelques années, surtout dans les communautés plus isolées. Ce n’est toutefois pas ce que vit la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN), qui réussit généralement à pourvoir tous ses postes.

Selon la directrice générale par intérim, Ginette Gaudette, la commission doit habituellement remplacer deux enseignants par année sur la dizaine que compte l’École des Trois-Soleils.

« Les salaires sont alléchants, avec la prime du Nord, les avantages sont assez bons », explique Ginette Gaudette. « Donc, depuis que je suis là, du moins, on finit toujours par pourvoir nos postes. »

« C’est une aventure venir travailler ici, c’est éloigné et pas tous les gens sont apte à faire ça. »

Ginette Gaudette, directrice générale par intérim, CFSN
Au Yukon

Le recrutement n’est pas plus un problème à la Commission scolaire francophone du Yukon.

À la rentrée des classes, le 22 août, deux nouveaux enseignants se sont ajoutés au personnel de l’École Émilie Tremblay. Un premier pour remplacer un autre enseignant parti en congé pour un an et un autre pour combler les besoins d’une nouvelle classe.

L’école Émilie-Tremblay est la seule école de français langue première au Yukon. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

« On a une bonne stabilité au niveau du personnel [et] il n’y a pas beaucoup de roulement d’enseignants. Il n’y a donc pas beaucoup de postes à combler », explique le directeur général de la CSFY, Marc Champagne. « On constate que lorsqu’on ouvre un poste, on a quand même plusieurs applications d’enseignants qualifiés. »

Selon lui, c’est la qualité de vie de Whitehorse (capitale territoriale) qui contribue à la rétention du personnel et qui en attire de nouveaux à venir vivre l’expérience yukonnaise.

Le directeur de la CSFY, Marc Champagne. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

« La qualité de vie est très bonne, l’environnement naturel est magnifique, on a beaucoup de services en ville », estime Marc Champagne. « Les francophones qui déménagent ici se rendent compte que c’est facile de s’intégrer et d’avoir toutes sortes d’opportunités. »

La Division des écoles publiques du ministère de l’Éducation, qui s’occupe d’embaucher les enseignants dans les autres écoles du territoire, dit aussi ne pas avoir eu de difficultés à pourvoir des postes dans les programmes d’immersion française.

Cette année, plus d’une douzaine d’enseignants francophones ont dû être embauchés ou réembauchés pour répondre aux besoins suscités par les congés ou par les postes vacants dans les écoles d’immersion.

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Mario De Ciccio, Radio-Canada

Mario De Ciccio, Radio-Canada

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