L’importance d’apprendre le codage informatique dans l’Arctique canadien

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L’organisme à but non lucratif Kids Code Jeunesse (KCJ) offre des ateliers un peu partout au pays à des enseignants qui souhaitent incorporer le codage informatique à leurs matières scolaires. (Courtoisie de Kids Code Jeunesse)
L’enseignement de l’informatique doit être approfondi auprès des jeunes de l’Arctique canadien. C’est ce qu’affirme l’organisme Kids Code Jeunesse (KCJ), qui s’est rendu récemment dans les capitales des trois territoires nordiques pour offrir des formations en programmation à des enseignants aux niveaux primaire et secondaire.

« C’est très important pour les étudiants de comprendre les stratégies pour résoudre des problèmes technologiques et de saisir la logique de la programmation », croit la directrice principale de l’éducation de l’organisme Kids Code Jeunesse, Juliet Waters.

De Moncton à Vancouver, en passant par Winnipeg et Toronto, le programme « Coder, créer, éduquer » a parcouru l’ensemble des provinces et territoires du pays depuis le mois de novembre 2017 pour offrir des ateliers en français et en anglais à des enseignants qui souhaitent incorporer le codage à leurs matières scolaires. L’équipe d’instructeurs était de passage le 20 février à Iqaluit, la capitale du Nunavut, pour donner ses derniers ateliers.

Ultimement, l’objectif de l’organisme à but non lucratif est de mieux outiller les jeunes aux défis qu’imposent les nouvelles technologies pour qu’ils soient « des créateurs plutôt que des consommateurs de leur monde numérique ».

« On veut toujours comprendre les technologies comme un outil qui est vraiment à notre service et non pas quelque chose qui nous utilise au profit des grandes entreprises et de l’industrie », affirme Juliet Waters.

Depuis les balbutiements du projet, plus de 6000 enseignants de la maternelle à la cinquième secondaire ont pris part à l’un des ateliers. L’organisme a reçu un financement fédéral de 6 millions de dollars du programme CodeCan qui soutient entre autres les initiatives de formation en programmation et de perfectionnement des compétences numériques auprès des jeunes de la maternelle à la fin du secondaire.

« Tous les concepts liés aux données vont être très importants dans le futur; l’importance d’avoir des données privées, mais aussi de comprendre comment on peut utiliser les données pour avoir un impact sur le progrès. »

Juliet Waters, directrice principale de l’éducation à Kids Code Jeunesse

Un engouement différent, d’une ville nordique à une autre

« Il y a certaines régions [de l’Arctique] où on a constaté qu’il y avait plus de soutien [financier] qu’ailleurs, explique Juliet Waters. À Whitehorse, le ministère [territorial] de l’Éducation a payé le déplacement des professeurs du Yukon pour qu’ils reçoivent leur formation. » À l’inverse, elle ajoute que la formation à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, avait réuni moins de participants venus d’un peu partout sur le territoire.

À Iqaluit, l’organisme s’est heurté aux irrégularités de la connexion Internet. « C’est frustrant pour les éducateurs, parce qu’ils savent [quelles technologies] existent, mais ils ne peuvent pas [les utiliser] », mentionne-t-elle.

Au mois de juillet, l’entreprise Telesat a lancé un nouveau satellite de communication à haut débit pour permettre aux résidents du Nunavut de naviguer jusqu’à six fois plus rapidement sur Internet qu’auparavant. En septembre 2017, le gouvernement canadien a par ailleurs alloué 50 millions de dollars à la compagnie de télécommunications Northwestel pour améliorer Internet à haute vitesse à travers le territoire. Malgré cela, Juliet Waters croit qu’il y a encore du chemin à faire.

L’organisme gère aussi la branche canadienne d’un réseau international de programmes de codage, les Code Clubs. Au total, il en existe 687 à travers le pays, mais seuls trois Code Clubs ont pignon sur rue dans des villes de l’Arctique, soit Whitehorse (Yukon), Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) et Pangnirtung (Nunavut).

La première formation « Coder, créer, éduquer » organisée dans un territoire nordique a eu lieu le 11 décembre à Whitehorse, au Yukon. L’instructeur Don Burke (à gauche) a tenté d’apprendre aux enseignants de niveaux primaire et secondaire les rudiments du codage informatique. (Courtoisie de Kids Code Jeunesse)
« La programmation, c’est comme une langue »

Contrairement aux idées reçues, Juliet Waters estime que la programmation ne se limite pas à l’informatique. « Il y a beaucoup de stratégies que l’on utilise dans la vie normale qui sont les mêmes que dans les technologies », précise la directrice principale de l’éducation à Kids Code Jeunesse. Les jeunes peuvent tout à fait apprendre à maîtriser le codage par le biais des arts, de l’éducation physique ou des mathématiques, explique-t-elle.

« La programmation, c’est comme une langue », lance celle qui déplore que l’informatique soit perçue comme une sous-matière à l’école. Une heure par semaine pour apprendre une langue, c’est insuffisant, ajoute-t-elle.

À terme, l’organisme espère recevoir de nouvelles subventions pour donner des formations sur les défis éthiques que pose désormais l’intelligence artificielle. Juliet Waters aimerait retourner dans les régions de l’Arctique canadien pour travailler avec les communautés et orienter les ateliers sur leurs besoins locaux et les défis auxquels elles font face.

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