Le réchauffement climatique nuit-il à la morue arctique?

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Des chercheurs de l’Université Memorial ont installé des équipements pour étudier la morue arctique dans un Fjord près de l’île de Baffin. (Courtoisie de Julek Chawarski)
Une équipe de chercheurs de l’Université Memorial à Saint-Jean de Terre-Neuve (Atlantique) s’est rendue au Nunavut, dans l’est de l’Arctique canadien, pour mieux comprendre les effets des changements climatiques sur la morue arctique.

Il s’agit du premier déploiement d’une équipe de recherche d’envergure internationale. La diminution ou l’augmentation des stocks de ce petit poisson à la base de l’alimentation de plusieurs espèces pourrait avoir des effets sur la pêche au turbot dans la baie de Baffin.

La plupart des stocks de morue arctique se trouvent en eaux profondes et les effets des changements climatiques sur l’espèce restent encore à documenter. C’est la raison pour laquelle une équipe de chercheurs s’est rendue jusqu’à Qikiqtarjuaq au Nunavut, à l’est de l’île de Baffin.

L’instrument installé au-dessus de la glace permet l’envoi de données par satellite. (Courtoisie de Yulek Chawarski)

« On ne sait pas ce qu’il va arriver avec l’habitat de cette espèce-là avec la glace qui diminue », explique Maxime Geoffroy, chercheur au Centre de recherche sur l’écosystème des pêches à l’Institut Maritime de l’Université Memorial.

La morue arctique est de la même taille que le capelan. Elle est d’une importance capitale puisqu’elle sert de nourriture pour les phoques, les baleines, mais aussi le turbot, un poisson dont les retombées commerciales sont de plus en plus importantes dans la région. « Pour bien gérer les stocks de turbot, il faut aussi comprendre ce qui se passe avec leurs proies », explique Maxime Geoffroy.

La morue arctique est de taille équivalente au capelan. (Courtoisie de Pierre Priou)

Les chercheurs croient que le réchauffement des eaux et la diminution de l’épaisseur des glaces pourraient aider l’espèce à prospérer, mais pourraient peut-être aussi lui nuire. « À court terme, on pense que ça pourrait être bénéfique, mais à moyen ou long terme, on pense qu’il pourrait peut-être y avoir une compétition accrue avec d’autres espèces et possiblement que la morue arctique aura plus de mal à s’adapter », commente Maxime Geoffroy.

Des données transmises par satellite

Étudier les poissons de fond dans l’Arctique est une procédure difficile en raison des conditions extrêmes.

Les chercheurs font un trou dans la glace avant d’installer les instruments de mesure. (Courtoisie de Yulek Chawarski)

Les données seront transmises par satellite, une première pour ce type de recherche. « À ma connaissance, c’est un des premiers projets qui va déployer des instruments et collecter des données de façon autonome, mais surtout qui collecte des données sur les poissons », explique Pierre Priou, étudiant à la maîtrise chargé du projet de recherche.

Une innovation puisque les chercheurs n’auront pas besoin de récupérer les données manuellement et prendre le risque de perdre les données. Un projet pilote l’an dernier avait malheureusement échoué pour cette raison. « Les bouées ont attiré un ours polaire qui les a déchiquetées. Lorsque la glace a fondu, tout ça a coulé au fond. On a perdu l’instrument, mais aussi les données », relate Maxime Geoffroy.

Les chercheurs mesureront l’impact des changements climatiques sur la morue arctique à l’aide de trois instruments de mesure : une sonde, un câble pour mesurer la lumière et un câble pour mesurer la température.

Ce projet de recherche est d’envergure internationale puisque des instruments similaires seront installés à quatre autres endroits dans le cercle arctique. Des équipes vont déployer au cours des prochains mois ces instruments au nord de la Russie, au nord de la Norvège et au Pôle Nord.

On espère ainsi avoir une meilleure idée des conséquences des changements climatiques sur les espèces arctiques.

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Marie-Isabelle Rochon, Radio-Canada

Marie-Isabelle Rochon, Radio-Canada

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