Les eaux de l’Arctique pourraient être libres de glace d’ici 50 ans

Des chercheurs prévoient que l’océan Arctique pourrait être « fonctionnellement débarrassé de sa glace » d’ici le mois de septembre 2044, et pas plus tard qu’en 2067. (Découverte/Radio-Canada)
D’ici 50 ans, l’océan Arctique risque de ne plus être recouvert de glace, si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, selon une étude menée par des chercheurs du Centre sur la science du climat à l’Université de la Californie.

Dans la revue scientifique Nature Climate Change, les chercheurs précisent que l’océan Arctique pourrait être « fonctionnellement débarrassé de sa glace » d’ici le mois de septembre 2044, et pas plus tard qu’en 2067.

D’autres scientifiques ont estimé dans le passé que la glace pouvait fondre dès 2026 et jusqu’en 2132.

C’est en septembre que la banquise arctique est la plus fine et que les effets de la chaleur estivale se font ressentir le plus.

1 million de kilomètres carrés

L’absence de glace « fonctionnelle » veut dire que cette glace brisée recouvrirait moins de 1 million de kilomètres carrés alors que cette glace occupe actuellement 6 millions de kilomètres carrés de l’océan Arctique, même juste après la chaleur de l’été.

Le déclin de la banquise nuit à la capacité de l’Arctique de s’acquitter de sa fonction d’albédo.

L’effet d’albédo est la capacité de la glace sur l’eau de refléter les rayons du soleil. Lorsqu’il n’y a pas de glace sur l’océan, une eau plus sombre absorbe environ 90 % de l’énergie solaire. La glace absorbe quant à elle à peine 20 % de cette énergie, le reste est réfléchi, selon l’étude de l’Université de Californie.

« En gros, lorsque nous perdons cette glace, l’océan absorbe beaucoup plus de chaleur que si nous avions un Arctique recouvert de glace », explique Chad Thackeray, principal auteur de la recherche. « Ce changement aurait un impact important pour le reste du monde, pas seulement l’Arctique. »

Nouvelle méthode

Chad Thackeray et son coauteur Alex Hall ont employé une nouvelle méthode pour construire leur modèle. Ils se sont basés sur 30 ans de données obtenues par satellite sur la fonte saisonnière des glaces comme référence.

Ensuite, ils ont comparé 23 modèles existants aux données, rejetant ceux qui ne correspondaient pas à la référence. L’idée est que, si un modèle ne peut pas « prédire » avec précision ce qui s’est passé, il ne devrait pas être utilisé pour prédire ce qui se passera.

Une fois les modèles plus faibles rejetés, les chercheurs ont gardé six modèles qui, ensemble, ont pu leur donner une idée plus juste du moment où l’océan Arctique serait fonctionnellement sans glace.

Cependant, les données de la recherche ont été limitées à la glace de la mer entre 70 et 90 degrés de latitude. Cette étude ne prend donc pas en compte une grande partie du Nord canadien.

La glace dans cette zone subit l’influence des masses continentales à proximité.

« Il y a des zones juste au nord de l’archipel canadien et au nord-ouest du Groenland où la glace est très épaisse et ne fond pas vraiment chaque été », explique Chad Thackeray.

« Cette glace restera plus longtemps et elle sera assez dense même plus tard au cours de ce siècle. »

La tendance est tout de même vers la fonte des glaces, rappelle le chercheur.

Avec les informations de Walter Strong

Radio-Canada

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