Une Inuk du Nord canadien reconnue pour sa contribution pendant la Seconde Guerre mondiale

La contribution de l’aînée inuk Qapik Attagutsiak durant la Seconde Guerre mondiale a été reconnue lundi, lors d’une cérémonie organisée à Gatineau, dans le sud du Québec. (Maryse Beaubien/Parcs Canada)
Une Inuk de 99 ans originaire du Nunavut, dans l’Arctique canadien, a été honorée pour avoir contribué à l’effort de guerre durant la Seconde Guerre mondiale.

« Ses contributions à notre culture, à la création de rapprochements avec les traditions et de ponts entre les générations d’Inuit sont remarquables », a souligné le vice-premier ministre nunavutois, David Akeeagok, par voie de communiqué.

Les efforts de guerre de Qapik Attagutsiak ont été reconnus lors d’une cérémonie commémorative organisée lundi par Parcs Canada, les Forces armées canadiennes et le Musée canadien de l’histoire, à Gatineau.

Cette reconnaissance s’inscrit dans l’initiative communautaire « Les héros de chez nous », qui rend hommage depuis 2015 aux membres des Forces armées canadiennes et aux civils reconnus pour avoir contribué à l’effort de guerre.

À l’heure actuelle, le travail d’un peu plus de 140 Canadiens au pays a été mis en lumière dans le cadre de cette initiative.

Héroïne de l’ombre

Qapik Attagutsiak était à l’orée de la vingtaine et venait d’avoir son premier enfant lorsque le Canada est officiellement entré en guerre, en 1939.

Dès les premiers jours, le gouvernement canadien a encouragé les femmes et les enfants à contribuer à l’effort de guerre, notamment en amassant des matières grasses, du métal, des chiffons, du papier et des produits en caoutchouc. Ces matériaux ont par la suite été réutilisés dans le sud du pays pour la fabrication de colle pour les avions, d’engrais ou encore de cordite, un agent propulseur sans fumée utilisé dans les munitions.

Dans le Nord canadien, la contribution des Inuit a elle aussi été mise à profit. Qapik Attagutsiak et sa famille ont été sollicités par un prêtre catholique pour collecter des ossements de morses, de phoques et de chiens, lesquels ont par la suite servi à faire des munitions.

« Quand on se débarrassait des restes des chiens, on nous disait qu’on devait récupérer les ossements car l’armée voulait que les Inuit fabriquent quelque chose pour faire de la fumée », a-t-elle décrit, dans un entretien effectué en juillet 2018 par Parcs Canada. Dans cet enregistrement, qui fait aujourd’hui office d’archive, elle explique que les Inuit ignoraient à quoi allaient servir exactement les carcasses d’animaux.

Qapik Attagutsiak était sage-femme lorsque le Canada est entré en guerre, en 1939. Avec l’aide de sa famille, elle a collecté des ossements d’animaux qui ont été recyclés dans le sud du pays pour la fabrication de munitions. (Justin Tang/La Presse canadienne)

« Les efforts de Qapik Attagutsiak et ceux des autres comme elle nous rappellent humblement que le succès de nos soldats outre-mer a été grandement renforcé par le travail des Canadiens et Canadiennes sur le front intérieur », a indiqué le lieutenant-général pour les Forces armées canadiennes Wayne Eyre.

Qapik Attagutsiak est originaire de la région de Kivalliq, dans le sud du Nunavut, et réside actuellement à Arctic Bay, dans le nord-est du territoire. Elle y enseigne à des jeunes ses connaissances ancestrales.

Selon Parcs Canada, elle est la dernière Inuk connue à avoir récolté des ossements d’animaux dans la toundra durant la Seconde Guerre mondiale.

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