Arctique canadien: un « besoin important » de refuges pour femmes en situation de violence conjugale au Yukon

Plus d’efforts doivent être déployés pour héberger les victimes de violence conjugale qui sont aux prises avec des problèmes d’abus de substance au Yukon. (Ivanoh Demers/Radio-Canada)
Il n’y a pas assez de refuges qui peuvent accueillir les femmes victimes de violence conjugale qui utilisent des drogues ou consomment de l’alcool au Yukon, selon des militantes du milieu.

Et ce, malgré un rapport de 2015 du Conseil du statut de la femme du Yukon qui révélait que plus de la moitié de ces femmes sont aux prises avec des problèmes de dépendances.

« Nous savons que les femmes qui utilisent des drogues ou consomment de l’alcool sont exclues, de facto, d’hébergements d’urgence. Et ce n’est pas la faute des refuges pour femmes », rapporte la directrice du Conseil du statut de la femme du Yukon, Aja Mason.

« Ce qui finit par se produire pour ses femmes, c’est qu’elles se retrouvent dans des situations de logement précaire, ce qui renforce leur vulnérabilité », ajoute-t-elle.

Aja Mason ajoute que les centres d’hébergement n’ont pas assez d’employés qualifiés dans le domaine de la santé et qu’il manque d’infrastructures, comme un centre d’hébergement séparé où il est possible de consommer afin de les rendre accessibles à toutes.

Situations « déchirantes »

Barbara McInerney, de la Women’s Transition Home de Whitehorse, affirme que de plus en plus d’endroits offrent des abris pour les femmes où elles peuvent consommer, et que leur absence au Yukon est un « gros trou » dans l’offre de services.

Selon elle, des employées doivent parfois refuser l’accès à des femmes qui sont intoxiquées.

« Ça brise le coeur des employées et ça les met dans des situations déchirantes, mais nous n’avons pas l’option d’avoir des personnes en état d’ébriété ou qui ont consommé en contact avec des enfants », explique-t-elle.

Les employées tentent toujours d’offrir une alternative à ces femmes, soit en leur suggérant de rester avec de la famille ou des amis. Sinon, elles peuvent se rendre au centre d’hébergement d’urgence de Whitehorse.

Le problème, c’est qu’il est mixte et qu’il n’est pas nécessairement une option sécuritaire pour ces femmes.

Les refuges se demandent où envoyer les femmes

« Cet endroit est vraiment dangereux pour les femmes », continue Barbara McInerney. « Les besoins des femmes qui fuient la violence domestique sont tellement différents de ce que peut offrir un abri de base. »

À l’extérieur de Whitehorse, il y a encore moins d’options pour les femmes refoulées des refuges parce qu’elles consomment.

Le personnel des refuges de Watson Lake et de Dawson City estime qu’il ne suivait pas une politique de tolérance zéro, mais qu’il prenait plutôt des décisions au cas par cas en fonction d’un certain nombre de facteurs, notamment s’il y avait ou non des enfants au refuge.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Yukon dit que les refuges ont été mis en place dans les communautés, selon leur besoin.

Service d’urgence pour une aide immédiate, si vous êtes en danger ou si vous êtes témoin de violence.

  • 911 (VOIX) (ATS disponible dans certaines régions)
  • 310-4141 (dans les municipalités où le 911 n’est pas disponible) *4141 (pour les appels d’un cellulaire)

Avec les informations de CBC

Radio-Canada

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