Le dernier plateau de glace intact de l’Arctique canadien s’est effondré

Le plateau de glace Milne vue du côté occidental du fjord Milne. (Luke Copland/Courtoisie Université Carleton)
Le dernier plateau de glace intact de l’Arctique canadien s’est effondré, perdant plus de 40 % de sa superficie en seulement deux jours fin juillet, ont annoncé jeudi des chercheurs.

Le plateau de glace Milne se trouve à la lisière de l’île d’Ellesmere, dans le nord du Nunavut.

« Les températures au-dessus des normales, les vents du large et l’eau libre près du plateau de glace ont mené à sa rupture », a déclaré le Service canadien des glaces sur Twitter.

« C’était le plus grand plateau de glace encore intact, et il s’est désintégré », a déclaré Luke Copland, glaciologue à l’Université d’Ottawa.

Un plateau de glace est défini comme étant un glacier plat flottant, d’une épaisseur considérable, qui émerge de 2 m à 50 m ou plus et qui est fixé à la côte, selon l’Organisation météorologique mondiale.

La surface du plateau a diminué d’environ 80 kilomètres carrés. En comparaison, l’île de Manhattan, à New York, couvre environ 60 kilomètres carrés.

L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus que l’ensemble du globe au cours des 30 dernières années en raison du phénomène d’amplification polaire.

Mais les températures cette année ont été particulièrement élevées dans la région : celles de cet été ont été de 5 degrés Celsius plus élevées que la moyenne des 30 dernières années, remarque Luke Copland.

La couverture de glace, elle, n’a jamais été aussi réduite en 40 ans.

L’Arctique russe aussi a connu des records de chaleur et de nombreux incendies se sont produits.

Cette situation menace les calottes de glace plus petites, qui fondent plus rapidement que les gros glaciers, dont la masse permet de maintenir le froid. Cette fonte expose le sol rocheux, ce qui accélère le réchauffement et la fonte du reste de la glace.

L’effondrement du plateau de glace à l’île d’Ellesmere a aussi provoqué la disparition du dernier lac de barrage glaciaire dans un fjord (lac épi-plateforme) connu dans l’hémisphère nord. Un tel lac d’eau douce est retenu par la plateforme de glace et flotte au-dessus de l’eau de mer.

Un campement de recherche, disposant d’instruments pour mesurer le débit de l’eau, a aussi été perdu lorsque la plateforme s’est détachée.

« Par chance, nous n’étions pas sur la plateforme de glace lorsque ça s’est produit », indique le chercheur Derek Mueller de l’Université Carleton, dans un message publié en ligne le 2 août.

L’île d’Ellesmere a aussi perdu deux calottes de glace dans la baie St. Patrick au courant de l’été. Leur disparition avait été prédite par des chercheurs il y a trois ans.

Deux autres calottes de glace de l’île, nommées « Murray » et « Simmons » disparaîtront aussi au cours des 10 prochaines années, prévoient les chercheurs.

Avec les informations de Reuters

Correction
En raison d’une erreur de rédaction lors de la mise en ligne de ce texte, celui-ci a été attribué incorrectement à une journaliste de Regard sur l’Arctique au lieu de Radio-Canada. Cette version a été corrigée.

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