Russie : départ pour l’Arctique du « plus gros brise-glace nucléaire au monde »

Le brise-glace à propulsion nucléaire Arktika tiré par des remorqueurs alors qu’il commence les essais en mer, à Saint-Pétersbourg, en Russie, le 12 décembre 2019. (Anton Vaganov/Reuters)
L’Arktika, le nouveau brise-glace à propulsion nucléaire russe décrit par son constructeur, Rosatom, comme le plus grand et plus puissant au monde, vient de larguer les amarres pour entamer un voyage de deux semaines dans l’Arctique. 

Le navire a quitté Saint-Pétersbourg mardi et devrait arriver dans le port arctique de Mourmansk, où il sera stationné, d’ici une quinzaine de jours. 

Ce voyage sera le premier test en eaux gelées pour ce géant d’une hauteur équivalente à un immeuble de 15 étages et aussi long que deux terrains de football.

Un prêtre orthodoxe russe bénit le brise-glace nucléaire russe Arktika dans le port de Saint-Pétersbourg le 22 septembre 2020. (Olga Maltseva/AFP/Getty Images)

Auparavant, le navire a traversé les eaux tumultueuses du Golfe de Finlande et la mer Baltique afin d’effectuer les derniers tests avant son premier long trajet. 

Le rôle principal de l’Arktika sera de guider les navires transportant les ressources pétrolières et gazières du large des côtes russes vers l’Asie via la route maritime du nord-est explique Rosatom dans un communiqué. 

La conception à double tirant d’eau du navire lui permet d’être utilisé à la fois dans les eaux arctiques et dans les embouchures des fleuves polaires, en particulier dans les zones peu profondes du Yenisei et de la baie de l’Ob.

Le navire Arktika a été nommé en hommage à un brise-glace de l’ère soviétique qui est devenu le premier navire de surface à atteindre le pôle Nord en 1977. 

Les membres de l’équipage se tiennent dans la passerelle principale du brise-glace nucléaire russe Arktika avant de quitter le port de Saint-Pétersbourg le 22 septembre 2020. (Olga Maltseva/AFP/Getty Images)
Développer la route maritime du Nord

Ce brise-glace est le premier d’une série de navires du projet 22220 commissionnés par le président russe, Vladimir Poutine, afin de développer le commerce par la route maritime du Nord. 

L’année dernière, le président Poutine a déclaré que la flotte arctique russe exploiterait au moins 13 brise-glaces lourds, la plupart d’entre eux étant alimentés par des réacteurs nucléaires. 

La route maritime du Nord longe la côte arctique russe de Mourmansk au détroit de Béring, près de l’Alaska. 

Avec la fonte des glaces, la Russie espère faire de cette route une voie de transport régulière entre la Chine et l’Europe. 

En 2019, Vladimire Poutine a déclaré que la flotte arctique russe exploiterait au moins 13 brise-glaces lourds, la plupart d’entre eux alimentés par des réacteurs nucléaires. (Alexey Druzhinin/AFP/Getty Images)

« La création d’une flotte de brise-glaces nucléaires modernes capables d’assurer une navigation régulière tout au long de l’année et en toute sécurité sur toute la route maritime du Nord est une tâche stratégique pour notre pays, » a déclaré par voie de communiqué Vyacheslav Ruksha, chef de la direction de la route maritime du Nord de Rosatom.

Dans une entrevue au journal français Le Figaro, Mikaa Mered, professeur de géopolitique arctique et antarctique à l’ILERI à Paris, a parlé de l’économie de temps que cette route maritime permettait de réaliser.  

Il explique qu’une étude chinoise datant de 2018 a montré que le passage du nord-est était rentable pendant les trois mois d’été pour un navire de 3500 conteneurs sans coque renforcée de Shanghai à Rotterdam. Elle permet durant cette période de faire trois rotations entre l’Asie et l’Europe contre deux et demi par le Sud.

L’Eldorado du gaz et du pétrole

Parmi ses rôles, l’Arktika aidera les navires à approvisionner les mines d’extractions de gaz naturel liquéfié que la Russie développe activement dans l’Arctique. 

Consciente du potentiel de cette région pour ce qui est des matières premières, Moscou a adopté une nouvelle législation en février dernier accordant 300 milliards de dollars de nouvelles subventions pour la création de ports, d’usines et d’exploitations pétrolières et gazières sur les côtes et dans les eaux de l’océan Arctique.

La Russie développe largement l’exploitation de gaz naturel liquéfié dans l’Arctique. Le Christophe de Margerie (D), un pétrolier de catégorie glace équipé pour le transport de gaz naturel liquéfié, est à quai dans le port arctique de Sabetta, dans le district de Yamalo-Nenets, en Russie, le 30 mars 2017. (Olesya Astakhova/Reuters)

En mars 2020, le gouvernement russe a aussi passé de nouvelles lois sur les exonérations fiscales pour les investisseurs dans la région, selon The Independent Barents Observer. 

Le Service géologique des États-Unis estime que l’Arctique contient environ 13 % des ressources pétrolières non découvertes du monde et environ 30 % des ressources en gaz naturel.

Avec les informations de Rosatom. 

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Mathiew Leiser, Regard sur l'Arctique

Né dans le sud de la France d'une mère anglaise et d'un père français, Mathiew Leiser a parcouru le monde dès son plus jeune âge. Après des études de journalisme international à Londres, il a rapidement acquis différentes compétences journalistiques en travaillant comme journaliste indépendant dans divers médias. De la BBC à l'Agence France Presse en passant par l'agence d'UGC Newsflare, Mathiew a acquis de l'expérience dans différents domaines du journalisme. En 2019, il décide de s'installer à Montréal pour affronter les hivers rigoureux et profiter des beaux étés mais surtout développer son journalisme. Il a rapidement intégré Radio Canada International où il s'efforce de donner le meilleur de lui-même au sein des différentes équipes.

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