Dans le Grand Nord canadien, inauguration de la nouvelle école francophone du Yukon

Le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier peut accueillir 150 élèves et possède un espace communautaire pouvant recevoir 200 personnes. (Claudiane Samson)
La rentrée des premiers élèves du tout nouveau Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier (CSSC Mercier) a lieu vendredi matin.

C’est un moment historique pour la communauté franco-yukonnaise, un moment qui arrive huit mois après l’entente qui a mis fin à une lutte devant les tribunaux qui a duré plus d’une décennie.

Il s’agit aussi d’un nouveau chapitre de l’histoire de l’éducation en français au territoire, une épopée qui a commencé en 1982.

L’ingénieur Paul-Émile Mercier qui a occupé en 1903 les fonctions de directeur du ministère des Travaux publics à Whitehorse donne son nom au Centre scolaire secondaire communautaire francophone. (Archives)

La présidente de l’Association franco-yukonnaise (AFY), Jeanne Beaudoin, une des pionnières de l’éducation en français et des organismes représentent la francophonie au territoire, félicite ceux et celles qui, comme elle, ont travaillé à la réalisation du projet.

« Je pense que c’est très excitant pour la communauté, c’est une grande victoire, c’est certainement quelque chose dont on parle depuis très longtemps et ça se produit maintenant, et je pense que ça va avoir un impact aussi sur le fait que la population au secondaire va se stabiliser. J’espère que ça va avoir cet effet-là! »Jeanne Beaudoin, présidente, AFY

Le projet d’un nouvel édifice pour accueillir les élèves du secondaire de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) fait l’objet de consultations communautaires depuis 2016.

Un architecte comblé

L’architecte Antonio Zedda est ravi du résultat de l’édifice, très près du concept élaboré par son équipe, dit-il. Le CSSC Mercier vise à offrir un espace multifonctionnel à l’ère de l’éducation décloisonnée, où tout l’espace est utilisé à des fins éducatives.

L’architecte Tony Zedda lors de sa présentation à la CSF du Yukon proposant un édifice à très haute efficacité énergétique avec des espaces d’apprentissage décloisonnés pour les élèves. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Un projet qui lui tient à cœur d’autant plus que sa fille fera partie de la première cohorte. « C’est honorable de pouvoir dire que j’ai conceptualisé l’école également pour ma propre fille. C’est excitant de voir sa réaction face à l’espace et j’ai très hâte de pouvoir y retourner et voir comment les étudiants apprennent, comment le personnel interagit. »

De l’espace adapté

La construction d’une nouvelle école est devenue nécessaire au début des années 2000 en raison du nombre grandissant d’élèves inscrits à l’École Émilie-Tremblay, particulièrement au primaire.

Le manque d’espace dans cette école a obligé sa direction à convertir des salles de musique et des laboratoires en salles de classe.

Deux salles de classe modulaires ont été ajoutées à l’École Émilie-Tremblay l’année dernière pour accueillir les élèves du secondaire. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Des modifications qui ont eu des conséquences négatives sur le nombre d’inscriptions au secondaire. Certains cours ne pouvant plus être offerts, de nombreux élèves du secondaire se sont inscrits dans des écoles anglophones. La diminution des effectifs a entraîné à son tour des difficultés dans la mise en œuvre d’une programmation complète.

Une nouvelle école alors que le CSFY vient d’obtenir la gestion scolaire

En 2009, la CSFY fait appel aux tribunaux pour l’obtention de la gestion des programmes d’instruction, des bâtiments et du personnel. La CSFY remporte sa cause devant la Cour suprême du Yukon, mais le gouvernement territorial porte la cause en appel dénonçant le manque d’impartialité du juge de la cour de première instance.

La Cour d’appel donne raison au gouvernement et le litige pour l’obtention de la « pleine gestion scolaire » se rend jusqu’en Cour suprême du Canada. En 2015, celle-ci donne également raison au gouvernement et renvoie la cause pour un nouveau procès devant la Cour suprême du Yukon. En mars dernier, les partis ont fini par s’entendre à l’amiable en plein début de pandémie.

Un centre communautaire

Le bâtiment a été conçu pour y permettre la tenue d’événements communautaires avec l’apport d’un financement spécifique d’Ottawa.

Antonio Zedda met d’ailleurs au défi ceux et celles qui visiteront l’édifice de faire la part entre les espaces scolaires et les espaces communautaires.

Ces espaces communautaires permettront de réduire les coûts pour la présentation de spectacles, selon Jeanne Beaudoin puisqu’il ne sera plus nécessaire de louer des salles ailleurs. « On sent une très très grande ouverture et il n’y a pas de crainte que ça ne se passe pas bien », ajoute-t-elle.

Claudiane Samson, Radio-Canada

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