Les Samis de Norvège font appel à la royauté pour récupérer un artefact sacré

« Les tambours samis constituent une partie importante du patrimoine culturel sami et sont des objets particulièrement importants dans un contexte cérémoniel .» (Photo : NTB Scanpix/Terje Pedersen/Reuters)

La présidente du Parlement sami de Norvège s’est adressée à la reine du Danemark pour récupérer un tambour sacré confisqué par la royauté danoise il y a plus de 300 ans.

Le tambour appartenait à un shaman sami, Anders Poulsson, qui aurait été arrêté en 1691 pour sorcellerie. L’année suivante, le tambour aurait été confisqué par la cour et entreposé dans la collection privée de la famille royale danoise. L’artefact a ensuite été transféré au Musée national du Danemark en 1849.

Pendant plus de 40 ans, le tambour a ensuite été prêté au musée sami de Karasjok, en Norvège. Mais le 1er décembre, un autre accord de prêt de cinq ans expire, et les Samis veulent maintenant reprendre le tambour de façon permanente.

« Le musée national sami souhaite conserver cet important tambour à Karasjok, et a demandé au Parlement sami de s’impliquer », écrit Aili Keskitalo, présidente du Parlement sami de Norvège, dans sa lettre à la reine Margrethe. « Je m’adresse donc à Votre Majesté pour demander que nous gardions cet objet cérémonial majeur en Sápmi. »

Sápmi est le terme sami faisant référence à la Laponie, région ancestrale du peuple autochtone sami. Elle est située à cheval sur les territoires norvégien, suédois, finlandais et russe.

Le tambour d’Anders Poulsson revêt une importance capitale pour les Samis, car il provient d’un des procès pour sorcellerie les plus documentés de l’histoire norvégienne. (Photo : Parlement sami de Norvège)
Un objet culturel capital

Le musée sami de Karasjok a adressé au début de l’année une demande au musée national danois pour devenir officiellement propriétaire du tambour.

« Les tambours samis constituent une partie importante du patrimoine culturel sami et sont des objets particulièrement importants dans un contexte cérémoniel », explique Aili Keskitalo.

Elle rappelle notamment que de nombreux objets culturels samis ont été « dérobés et se trouvent maintenant dans des musées des pays nordiques et d’Europe » et que « la plupart des tambours samis se trouvent maintenant en dehors de Sápmi ».

« Le patrimoine culturel est un élément important de l’identité et de l’appartenance de tous les peuples. Connaître son histoire est un élément clé de notre développement en tant qu’individus et en tant que société. Cela vaut également pour les peuples autochtones. »

Aili Keskitalo, présidente du Parlement sami de Norvège
Illustration datant de 1600 représentant un Sami lors d’une cérémonie chamanique, allongé en état de transe avec un tambour sur le dos. (Photo : Hulton Archive/Getty Images)
Un droit reconnu par les Nations unies

Dans sa lettre à la royauté danoise, la présidente du Parlement sami fait notamment référence à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée par le Danemark et la Norvège.

« La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones stipule que “les peuples autochtones ont le droit de conserver, de contrôler, de protéger et de développer leur patrimoine culturel et leurs connaissances et expressions traditionnelles”. »

« Le patrimoine culturel sami est la propriété du peuple sami, et sa gestion découle du droit du peuple sami à l’autodétermination », a ajouté Aili Keskitalo.

Mme Keskitalo a également fait référence au programme mis en place au Danemark pour rendre des objets culturels aux habitants du Groenland ainsi qu’un projet norvégien visant à transférer « 1600 objets culturels et historiques samis » de musées nationaux vers des musées samis.

La royauté danoise n’a pas encore répondu à la demande du Parlement sami de Norvège.

Le Musée national danois a, quant à lui, déclaré aux médias danois et norvégiens que le cas était complexe, mais qu’il envisageait de rendre le tambour. Il a ajouté que l’affaire avait été transmise au ministre danois de la Culture pour une décision finale.

Mathiew Leiser, Regard sur l'Arctique

Né dans le sud de la France d'une mère anglaise et d'un père français, Mathiew Leiser a parcouru le monde dès son plus jeune âge. Après des études de journalisme international à Londres, il a rapidement acquis différentes compétences journalistiques en travaillant comme journaliste indépendant dans divers médias. De la BBC à l'Agence France Presse en passant par l'agence d'UGC Newsflare, Mathiew a acquis de l'expérience dans différents domaines du journalisme. En 2019, il décide de s'installer à Montréal pour affronter les hivers rigoureux et profiter des beaux étés mais surtout développer son journalisme. Il a rapidement intégré Radio Canada International où il s'efforce de donner le meilleur de lui-même au sein des différentes équipes.

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