Caribous : dans le Grand Nord canadien, la harde de Bathurst résiste

Le dernier relevé de population de caribous du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest montre un déclin chez deux hardes, alors que trois autres connaissent une croissance. Nathan Denette/La Presse canadienne)
Les derniers chiffres d’estimations de population de la harde de caribous de Bathurst sont en baisse selon le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, mais les autorités se veulent rassurantes et évoquent des signes positifs après des observations réalisées sur le terrain.

D’après les derniers chiffres des relevés de population sur le terrain, deux hardes de caribous continuent de voir leur population baisser, selon un communiqué du ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles.

Entre 2018 et 2021, la harde de caribous de Bathurst a chuté de presque 2000 individus, pour s’établir à 6240 selon les dernières estimations, mais le gouvernement affirme qu’il s’agit d’une estimation, avec une marge d’erreur plus ou moins grande.

« La nouvelle estimation de population de la harde de Bathurst est en baisse par rapport à celle de 2018, mais la différence n’est pas statistiquement significative et le taux de déclin de la harde a ralenti par rapport aux chiffres enregistrés avant 2018. »

Si le gouvernement dit être inquiet pour cette harde, il veut pourtant voir des signes positifs dans les dernières tendances. Il affirme notamment que le taux de survie des femelles ainsi que les ratios petits/mères et mâles/femelles continuent à s’améliorer.

Les derniers relevés de population de caribous du territoire dataient de 2018. (gouvernement des Territoires du Nord-Ouest)
Émigrer pour fuir les prédateurs

Selon un communiqué, certains caribous de Bathurst, qui portent un collier pour être étudiés, se sont déplacés vers la harde de Beverly, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi selon Karin Clark, responsable de la recherche et de la gestion de la faune pour le gouvernement.

Quand on pense à l’écologie des caribous, il est vraiment important pour eux d’avoir des animaux avec lesquels s’associer. Il est important qu’ils puissent se protéger des niveaux élevés de prédation. Karin Clark, responsable de la recherche et de la gestion de la faune pour le gouvernement des T.N.-O.

Cependant, elle explique qu’il est important que les caribous se trouvent dans des lieux dans lesquels ils peuvent continuer à interagir avec les peuples autochtones.

« Lorsque nous observons ces mouvements, nous sommes un peu inquiets, car nous savons que ces relations entre les gens et les caribous doivent être maintenues. »

La harde de Bluenose-Ouest est la seconde qui connaît un déclin au territoire puisqu’elle est passée de 21 000 à 18 440 individus.

Karin Clark se veut là encore rassurante sur les estimations du nombre d’individus. Elle explique que pour compter la population d’une harde, les employés attendent que les caribous forment de grands rassemblements après la mise bas.

La population de caribous de la harde de Bathurst est en déclin dans le Nord canadien, mais le gouvernement dit voir des signes positifs sur le terrain pour l’avenir. (LighPix/Getty Images)

Les équipes prennent alors des photos depuis les airs. Il est donc nécessaire que les conditions météorologiques soient favorables, à la fois pour pouvoir voler, mais aussi pour que les caribous se rassemblent.

« Si nous n’avons pas les bonnes conditions météorologiques, s’il ne fait pas chaud, sec et calme, les caribous ne se regroupent pas et ne forment pas de très, très grands groupes. Et dans ce cas, nous ne trouvons pas tous les groupes et nous ne les photographions pas tous. »

La fin d’un cycle?

Si le gouvernement affirme que le nombre de caribous, comme d’autres espèces, suit des cycles, Karin Clark pense que la harde de Bathurst serait sur la fin d’un cycle et sur la voie de la croissance.

Elle avoue pourtant qu’il est très difficile d’interpréter cette tendance. « C’est probablement une combinaison de plusieurs choses. Nous avons mis en place des restrictions de chasse pour les hardes de Bathurst et de Bluenose, et nous avons augmenté l’abattage de loups pour essayer de réduire la prédation sur ces troupeaux. »

Elle pense aussi que le changement des conditions météorologiques, comme les pluies des dernières années, a entraîné un changement de végétation favorable sur le terrain.

De façon générale, nous sommes assez optimistes. Karin Clark, responsable de la recherche et de la gestion de la faune pour le gouvernement des T.N.-O.
Les loups sont connus pour être des prédateurs des caribous. (gouvernement des Territoires du Nord-Ouest)

Selon le gouvernement, un nouveau plan de gestion est désormais en place pour assurer la régénération de la harde de caribous de Bathurst. Il vise notamment à atteindre des objectifs reliés à la chasse, l’habitat et les perturbations, les prédateurs, la recherche, la surveillance, la communication et l’éducation.

Sur les cinq hardes de caribous de la toundra qui ont fait l’objet d’un relevé de population en 2021, trois semblent être en bonne santé, en témoigne l’augmentation de leur population sur ces trois dernières années.

C’est le cas de la harde de Bluenose-Est qui, avec 23 200 individus, dépasse le relevé de 2018 établi à 19 300. La harde de la péninsule de Tuktoyaktuk a plus que doublé en trois ans, passant de 1500 individus à 3073.

Dans une moindre mesure, la harde du cap Bathurst compte 400 cervidés de plus pour atteindre 4913 caribous.

Avec des informations de Liny Lamberink.

Laureen Laboret, Radio-Canada

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