Face à la crise des opioïdes, une Première Nation dans le Grand Nord canadien déclare l’état d’urgence

Les membres de la Première Nation Carcross/Tagish vivent au bord des lacs Bennett et Tagish, dans le sud du Yukon. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Au Yukon, la Première Nation Carcross/Tagish vient de déclarer l’état d’urgence en raison de la crise des opioïdes après la mort de trois de ses membres en une semaine.

« Notre nation est profondément attristée », dit Lynda Dickson, la cheffe de la Première Nation Carcross/Tagish. Elle est la dernière en date à tirer la sonnette d’alarme pendant que la crise des opioïdes ne cesse d’endeuiller le Yukon.

« Le problème est aussi complexe que les personnes que nous avons perdues », ajoute celle qui en appelle au gouvernement et aux autres Premières Nations du territoire pour que cette crise obtienne toute l’attention qu’elle mérite.

« En tant que dirigeants, il est de notre devoir de donner la priorité à la santé et au bien-être de notre peuple », affirme-t-elle.

Je pense que, comme toutes les Premières Nations ont des problèmes similaires, d’une manière ou d’une autre, si nous nous soutenons les unes les autres, nous serons en mesure de trouver de meilleures solutions et d’aller de l’avant.Lynda Dickson, cheffe de la Première Nation Carcross/Tagish

En ce qui concerne les trois décès, les autorités du Yukon ont seulement confirmé que le premier était lié à la consommation de drogues. Lors d’une conférence de presse, elles ont indiqué que les deux autres faisaient encore l’objet d’une enquête.

Tracy-Anne McPhee, la ministre de la Santé, affirme que la consommation de drogues continue d’être une préoccupation grave à l’heure où le territoire est aussi « témoin d’une augmentation des drogues contenant des benzodiazépines », plus souvent appelées benzos.

« Les drogues contenant des benzos sont des substances très dangereuses, souligne-t-elle. Nous savons que ces drogues sont présentes sur le territoire et qu’il y a eu une augmentation des décès par surdose ces derniers jours. »

« Ces décès sous-entendent que beaucoup d’autres souffrent et nous rappellent l’importance de notre travail continu pour faire face à la crise des opioïdes par la réduction des méfaits et à quel point cela peut sauver des vies », souligne la médecin hygiéniste en chef par intérim du Yukon, la Dre Catherine Elliott.

« Les benzos et les opioïdes ensemble sont plus toxiques, rappelle-t-elle. Il est très important de ne pas utiliser ces drogues en solitaire et sans avoir de naloxone. »

La médecin hygiéniste en chef et la ministre de la Santé invitent les personnes à franchir les portes du centre de consommation supervisée à Whitehorse et rappellent l’importance de faire tester les drogues avant de les consommer.

À la fin du mois de novembre, la coroner en chef du territoire, Heather Jones, avait déclaré que le Yukon avait le plus haut taux de décès dus aux opioïdes au pays, avec 48,4 décès pour 100 000 personnes.

Radio-Canada

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