Le Nunavut, dans le Grand Nord canadien, veut revitaliser l’inuinnaqtun

Le géant de l’informatique Microsoft a ajouté l’inuinnaqtun, un dialecte de la langue inuit, aux langues de son outil de traduction mobile. (Matisse Harvey / Radio-Canada)

Devant le recul graduel de l’inuinnatqtun au Nunavut, le gouvernement territorial a fait appel à Microsoft pour que l’entreprise ajoute ce dialecte de la langue inuit à son application de traduction qui regroupe une centaine de langues.

Depuis environ un an, les utilisateurs de Microsoft Traducteur peuvent déjà se servir de cet outil pour traduire des textes de ou vers l’inuktitut, le dialecte de la langue inuit qui compte le plus de locuteurs au Canada, soit quelque 40 000 personnes.

Le gestionnaire des services informatiques du gouvernement du Nunavut pour la région de Kitikmeot, Wayne Gregory, a coordonné l’initiative de traduction en recrutant des experts de l’inuinnaqtun enclins à partager leurs connaissances de ce dialecte. L’option de traduction de textes de ou vers l’inuinnaqtun est disponible depuis le 1er février, qui marquait le début de l’« Uqausirmut Quviasuutiqarniq », une célébration de la langue inuit au Nunavut.

« Il a été difficile de trouver suffisamment de personnes capables de nous aider pour ce que nous appelons la phase de validation, dit Wayne Gregory. Nous avons réalisé que, s’il y avait si peu de personnes […] c’était le signe que cette langue avait besoin d’être revitalisée. »

Au Nunavut, la langue inuit regroupe plusieurs dialectes, dont les principaux sont l’inuktitut et l’inuinnaqtun. En 2001, la langue inuit était la langue maternelle de près de 72 % des Inuit du territoire, comparativement à environ 65 % en 2016, selon Statistique Canada.

L’inuinnaqtun, qui comptait quelque 500 locuteurs en 2016, en perd de plus en plus dans la région de Kitikmeot. La majorité de ces locuteurs se trouvent dans les communautés de Cambridge Bay et de Kugluktuk, dans l’ouest du Nunavut.

La collectivité de Cambridge Bay au Nunavut, appelée Iqaluktuuttiaq en inuinnaqtun, compte moins de 2000 habitants. (Mark Hadlari / Radio-Canada)
La technologie pour maintenir la langue en vie

Joan McCallum, une résidente de Cambridge Bay et locutrice de l’inuinnaqtun, fait partie des experts qui ont été consultés pour tester l’outil de traduction et s’assurer qu’il ne comportait pas d’erreurs.

Il sera bénéfique à la fois pour les aînés et pour les plus jeunes. Tout le monde pourra [en] profiter.Joan McCallum, locutrice de l'inuinnaqtun
Aujourd’hui retraitée, Joan McCallum a contribué à la phase finale du projet en s’assurant que la traduction en inuinnaqtun ne comportait pas d’erreurs. (Photo fournie par Joan McCallum)

Selon Wayne Gregory, l’outil de traduction peut être tout aussi utile pour des travailleurs du Sud qui doivent se rendre dans la région de Kitikmeot que pour des locuteurs de l’inuinnaqtun qui veulent approfondir leurs connaissances. Le but, dit-il, est « de se servir de la technologie pour aider à maintenir la langue en vie ».

Il ajoute que l’outil peut notamment servir à des locuteurs unilingues de l’inuinnaqtun qui voyagent dans le sud du pays et doivent se rendre dans un hôpital pour accéder à des soins de santé. « S’ils n’ont pas accès à un interprète, ils peuvent se servir de l’application pour communiquer et [leurs propos] seront traduits en anglais », explique Wayne Gregory.

« C’est très important pour les aînés qui ne parlent pas du tout anglais et qui ont besoin d’aide en traduction pour saisir le nécessaire et aussi pour comprendre toutes les questions qui leur sont posées », ajoute Joan McCallum.

Avec des informations de Cindy Alorut

Matisse Harvey, Radio-Canada

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