La France adopte sa première « stratégie polaire » jusqu’en 2030

Un drapeau français flotte sur la banquise aux Territoires du Nord-Ouest lors de l’opération militaire Nanook-Nunalivut des Forces armées canadiennes en février 2022 à laquelle des représentants de l’Armée française ont participé. (Karli Zschogner/Radio-Canada)
La France a adopté mardi sa première « stratégie polaire » qui fixe jusqu’en 2030 ses objectifs géopolitiques et environnementaux pour l’Arctique et l’Antarctique et qui doit remédier au sous-financement de sa recherche scientifique dans ces régions cruciales pour l’avenir de la planète.

C’est « une première dans l’histoire de notre pays », s’est félicité l’ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes, Olivier Poivre d’Arvor, lors de la présentation de sa feuille de route au ministère des Affaires étrangères.

Cette feuille de route se veut « au service de la coopération européenne et internationale » aux pôles Nord et Sud, où la France gère des programmes et des infrastructures de recherche scientifique.

La France souhaite « réinvestir fortement le champ scientifique » en Arctique, menacé par le dérèglement climatique, et désormais par un « dérèglement géopolitique » avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui préside actuellement le Conseil de l’Arctique, selon le document.

Le texte s’engage également à défendre le Traité de l’Antarctique de 1959 (54 États signataires), qui fait du continent blanc « une terre de paix et de science ».

Afin d’y préserver la biodiversité, la France « continuera de demander à la Russie et à la Chine d’adopter la création de deux aires marines protégées », là où ces deux pays refusent d’y interdire la pêche.

Le document montre du doigt un « déséquilibre important » dans les budgets consacrés aux pôles, comparé à d’autres pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou les États-Unis.

Pour y remédier, il est prévu un engagement financier compris entre 545 et 950 millions de dollars, sur huit ans, contre un budget annuel actuellement d’environ 40 millions par an. L’écart d’environ 410 millions dépendra essentiellement de l’achat ou non d’un navire brise-glace.

« C’est beaucoup par rapport à aujourd’hui, mais cela reste faible par rapport à d’autres acteurs internationaux », a dit Olivier Poivre d’Arvor.

Les moyens seront notamment investis dans la rénovation des stations antarctiques Dumont-D’Urville (entre 80 et 90 M$) et Concordia (20 M$) que la France cogère avec l’Italie.

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