Une expédition du « National Geographic » au Nunavik et au Labrador s’associe avec des Inuit

L’expédition Pristine Seas du National Geographic s’intéresse aux mers vierges et aux régions du monde encore à l’état sauvage. (Ossie Michelin)
L’organisation Pristine Seas du National Geographic travaille avec des Inuit et des défenseurs de l’environnement dans sa récente expédition au Labrador et au Nunavik.

Le rêve d’enfance du réalisateur inuk Ossie Michelin est devenu réalité. Il a été invité, en juillet, à se joindre à une expédition de deux mois du National Geographic.

En juillet, alors que l’expédition était de passage au Nunatsiavut, Ossie Michelin s’est joint à l’équipe de chercheurs, de scientifiques et de documentaristes. Ces derniers étudient et documentent cinq régions prioritaires pour épauler les équipes locales de protection de l’environnement.

Michelin a embarqué à bord du Polar Prince, un brise-glace de recherche canadien, depuis Nain, au Labrador. Il a été engagé par l’expédition à titre de réalisateur local.

L’expédition est organisée en partenariat avec Océans Nord, une organisation soutenant la préservation des milieux marins en partenariat avec les communautés autochtones et côtières.

En prenant cette tâche, Ossie Michelin explique qu’il poursuit une tradition familiale.

Il dit que son oncle, ses cousins et son beau-père décédé ont aidé le National Geographic à naviguer dans la région pour la réalisation d’articles dans le magazine dans les années 1950 et 1980. Toutefois, le rôle de Michelin sera différent.

« C’était une chance pour un membre de ma famille de continuer le travail avec eux, mais cette fois en aidant à façonner le récit », dit le réalisateur d’origine inuk.

« Faire partie de cette grande équipe internationale et narrer des histoires sur mon chez-moi en faisant en sorte qu’elles soient racontées de façon respectueuse et précise, c’était vraiment spécial », ajoute-t-il.

Dans le cadre du voyage, l’équipe a emmené des aînés dans les fjords Nachvak et Saglek dans le parc national des Monts-Torngat.

Ces aînés ont grandi en pêchant et en chassant dans cette région, mais aucun n’y était revenu depuis des décennies, et ce, après que leurs familles eurent été déplacées plus au sud de Nain dans les années 1950, dit Michelin.

L’aînée Annie Lidd regarde l’embouchure brumeuse du fjord Nachvak au Labrador. (Ossie Michelin)

« Je suis heureux d’être ici avec ces aînés parce que… si quelque chose qui ne plaît pas à Dieu se produit et que la foudre frappe les bases de données, les sauvegardes, et que tout notre équipement a disparu, nous aurons au moins offert aux aînés une expérience incroyable. C’est ce qui rend l’expédition vraiment spéciale », mentionne Michelin.

« Nous avons pu les amener chez eux et voir leurs regards s’illuminer. Ils ont passé un moment fantastique. J’étais reconnaissant de faire partie du projet », renchérit-il.

L’expédition de Pristine Seas visitera une partie du Nord canadien. (National Geographic Pristine Seas)
Inclure les partenaires autochtones

Selon Michelin, National Geographic va « plus loin » pour raconter l’histoire de ces terres de la perspective des Inuit.

Il s’agissait d’un des principaux objectifs de ce voyage, dit Alan Friedlander, scientifique en chef de National Geographic Pristine Seas.

« Il y a tant de connaissances dans les communautés. Nous voulons simplement souligner et mettre en valeur tout le travail incroyable qui a été accompli et tenter de le compléter », affirme-t-il.

Pristine Seas mène des recherches du genre dans le monde entier depuis 12 ans.

L’objectif en se rendant dans des lieux reculés est de mettre en lumière à quel point ils sont spéciaux, dit le scientifique en chef de la mission.

« Ce sont des fenêtres sur le passé, sur ce à quoi ressemblaient les océans avant que ne commence la surexploitation humaine », déclare-t-il.

Partager la beauté des mers vierges

Fondé par Enric Sala, professeur à l’Institut d’Océanographie Scripps, le projet Pristine Seas a débuté avec la volonté de montrer la beauté des zones non polluées de la planète, indique le chef de l’expédition Paul Rose, dans une rencontre virtuelle depuis le pont du Polar Prince.

Paul Rose explique que le professeur Sala avait l’impression d’écrire une nécrologie de l’océan chaque fois qu’il rédigeait un article scientifique.

« Vous savez, il y a beaucoup de sensibilisation et de connaissances sur l’océan, mais qui a vraiment recherché les derniers endroits sauvages et vraiment vierges », dit Paul Rose.

Près d’un site de cache historique inuit dans le fjord Nachvak au Nunatsiavut, Lena Onalik (à gauche) examine les notes de précédentes expéditions pour localiser les sites environnants, tandis que l’aînée Mary Tuglavin (au centre) et le guide des ours Derrick Pottle (à droite) observent le paysage. (Ossie Michelin)

En venant au Canada et en travaillant avec les populations autochtones qui possèdent déjà des connaissances sur l’océan et des plans durables pour protéger l’environnement, Paul Rose veut partager la valeur et la beauté de ces lieux avec le reste de la planète.

« Travailler avec les peuples autochtones a donné une belle vie et des perspectives à notre famille », dit-il.

Une visite au Nunavik ce mois-ci

National Geographic est grandement engagé dans la recherche sous-marine et l’expédition sera l’occasion de plonger sous l’eau. L’équipe se rendra plus tard durant le mois dans les îles d’Ottawa, aussi appelées Arqvilliit, un archipel de 24 îles dans le nord-est de la baie d’Hudson.

Johnny Kasudluak, un représentant inuk, qui rejoint l’expédition à Inukjuak, est le coordonnateur au projet d’espace protégé et de conversation autochtone d’Arqvilliit.

« Quels que soient les médias qu’ils nous fourniront, ils nous aideront dans nos efforts pour transformer l’archipel en aire protégée et conservée », dit Johnny Kasudluak.

Le projet de conservation dirigé par les Inuit du Nunavik souhaite mettre en place une aire protégée dans les îles d’Arqvilliit pour sauvegarder des espèces menacées et en particulier la population d’ours polaires de l’archipel.

Lorsque l’expédition de Pristine Seas fera son arrivée le 10 août, Kasudluak mentionne que son équipe explorera les îles avec les chercheurs.

« Nous espérons cartographier la zone et utiliser un drone pour repérer des ours polaires », dit Kasudluak.

L’archipel d’Arqvilliit est situé dans le nord-est de la baie d’Hudson. (Johnny Kasudluak)

L’équipe collectera également des poils d’ours polaires de la région en utilisant des techniques de « surveillance passive », explique Johnny Kasudluak. Il dit que les boîtes en contreplaqué que les ours curieux explorent sont équipées de brosses à tube en acier au coin pour amasser des échantillons sans avoir recours aux tranquillisants.

Paul Rose se dit ravi de faire escale aux îles d’Ottawa, d’autant plus que la région n’est pas très étudiée. Lors des arrêts avant Inukjuak, ce qui comprend Nain, le Nunatsiavut, Churchill et Chisasibi, Rose a noté que l’équipe avait déjà rencontré sa juste part d’animaux sauvages.

« Nous avons une si grande chance. Imaginez cela… nous avons vu plus d’ours polaires que de moustiques. Qu’en pensez-vous? », dit Rose en riant.

Ce texte est une traduction de l’article de CBC News par Rachel Watts.

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