Dans le Grand Nord canadien, la Fierté prend de l’ampleur à Kuujjuaq

Selon les organisateurs, l’événement a attiré plus de personnes que les années précédentes. (Félix Lebel/Radio-Canada)
Pour sa troisième année d’existence, le défilé de la Fierté de Kuujjuaq a attiré une centaine de personnes mardi. Elles sont venues célébrer l’amour, la différence et l’ouverture envers la communauté LGBTQ+ du Nunavik.

L’événement a attiré une foule bien plus grande que lors des deux premiers défilés, en 2021 et en 2022. Cette popularité grandissante a réjoui les organisateurs, qui y voient un signe de changement des mentalités.

« Notre objectif, c’est aussi de démystifier un peu la Pride. C’est de savoir que tu n’as pas besoin de faire partie de la communauté LGBTQ+ pour participer. Simplement de comprendre notre réalité et de nous soutenir. C’était beau de voir tout ce monde durant la marche », a expliqué Tommy Sequaluk, l’un des coorganisateurs.

Tommy Sequaluk espère convaincre encore plus de personnes l’an prochain à participer à la marche. (Félix Lebel/Radio-Canada)

Un grand cortège de véhicules tout-terrain et de camionnettes aux couleurs de l’arc-en-ciel ont suivi les marcheurs dans les rues de Kuujjuaq avant de culminer devant les bureaux municipaux.

Les participants ont ensuite eu droit à des prestations musicales, notamment de l’artiste et coorganisatrice de l’événement, Niivi Snowball.

« Chaque année, on a de plus en plus de jeunes qui participent. Ils viennent apprendre que c’est correct d’être qui ils sont. Je pense que c’est une belle expérience pour eux et pour nous. Je crois que ça peut changer des vies », a dit en entrevue Niivi Snowball, en marge du défilé.

Niivi Snowball a offert une prestation musicale, en compagnie d’autres artistes, à la fin du défilé. (Félix Lebel/Radio-Canada)
Une réalité particulière

Pour la première fois depuis la création de l’événement à Kuujjuaq, on proposait des ateliers ouverts au public.

Les organismes Les 3 sex, Gris Montréal et l’enseignant William James Ryan de l’Université McGill ont offert une série de discussions entourant la diversité sexuelle et la pluralité des genres.

Les ateliers étaient des occasions de discuter de la réalité LGBTQ+ dans la région. (Félix Lebel/Radio-Canada)

Ils ont eux aussi été agréablement surpris de la participation de la communauté à ces ateliers.

« Je pense qu’on est arrivé un peu en se disant : « Bon, au pire, on sera trois personnes et on discutera entre nous. » Mais finalement, hier, il y avait plus d’une vingtaine de personnes », a indiqué la directrice générale de l’organisme Les 3 sex, Mylène de Repentiny-Corbeil.

Marianne Gilbert et Mylène de Repentigny-Corbeil, de l’organisme Les 3 sex, ont offert des ateliers sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres. (Radio-Canada)

Elle a aussi été frappée par la qualité des discussions, surtout de la part des jeunes, sur la réalité LGBTQ+.

« Toutes les personnes qui sont venues de Montréal pour l’événement, on a toutes eu ce moment où on s’est dit que les jeunes étaient tellement incroyables et vraiment ouverts. Surtout dans cette réalité spécifique au Nord […] C’est nous qui avons appris d’eux en fait », a ajouté la conférencière.

Indépendance

L’équipe organisatrice de l’événement a dû se débrouiller avec une réduction de son budget pour cette année, qui était assuré par la Régie régionale de la santé et de services sociaux du Nunavik.

Les organisateurs étaient visiblement déçus de ce dénouement, car ils souhaitaient faire venir des jeunes de chaque communauté.

Les organisateurs auraient aimé inclure davantage de participants des autres communautés de la région. (Félix Lebel/Radio-Canada)

Cette coupe budgétaire a empêché l’achat de billets d’avion pour ces jeunes.

« Dans leur communauté, il n’y a pas nécessairement d’espace pour s’affirmer et célébrer leur identité. Quand tu n’es pas représenté dans ta communauté, tu sens que quelque chose ne va pas avec toi. C’est pourquoi on aurait souhaité les faire venir ici pour vivre l’expérience avec nous », a déclaré Tobi Nashak, aussi membre du comité organisateur.

Tommy Sequaluk, Niivi Snowball et Tobi Nashak. (Félix Lebel/Radio-Canada)

Après cette décision, le groupe souhaite se dissocier de la Régie régionale de santé et de services sociaux du Nunavik et devenir indépendant pour l’année prochaine. Il dit avoir bon espoir de trouver d’autres partenaires et de bonifier son financement.

Le but serait de créer un événement qui réunit des personnes de toutes les communautés du Nunavik à Kuujjuaq, et peut être même de créer une délégation régionale pour participer au grand rassemblement annuel de Fierté Montréal.

Félix Lebel, Radio-Canada

Journaliste à Sept-Îles

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