T.N.-O. : l’enquête sur l’écrasement d’avion à Fort Smith se poursuit

Deux parachutistes ont sauté d’un avion Hercules au-dessus de Fort Smith, mardi matin. (Radio-Canada/Carla Ulrich)

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) s’apprête à transporter à Edmonton l’épave de l’avion qui s’est écrasé la semaine dernière à Fort Smith, aux Territoires du Nord-Ouest, pour faire la lumière sur ce qui a provoqué son écrasement peu après le décollage.

L’accident a fait six morts.

Selon un rapport préliminaire du BST, l’avion de type Jetstream serait entré en contact avec des arbres et le relief avant de s’écraser et de prendre feu, peu de temps après le décollage.

Une seule personne, Kurt Macdonald, a survécu.

 

Avertissement :

Cet article contient une photo du site de l’accident. 

Quatre enquêteurs du BST sont arrivés au lendemain de l’accident. Ils ont recueilli des renseignements sur le lieu de l’écrasement et sur l’état de l’épave. Ils ont interrogé les proches des victimes pour expliquer leur travail.

D’après Jon Lee, directeur régional de l’Ouest du BST, les petits débris de l’avion ont été placés dans des sacs de nylon à destination d’Edmonton. Tout est prêt, «mais pour l’instant, il y a des retards dus aux conditions météorologiques».

De la pluie verglaçante s’est abattue sur Fort Smith dimanche, empêchant le fonctionnement de l’hélicoptère déployé pour récupérer ces sacs.

Jon Lee est directeur régional de l’Ouest pour le Bureau de la sécurité des transports du Canada. (Photo: BST)

Enregistreur de conversations

Selon le BST, le feu se serait prolongé près de six heures, ce qui pose des difficultés pour les enquêteurs.

J’estime qu’environ 80 % de l’avion a été détruit par le feu. L’information que nous utilisons normalement pour comprendre comment l’avion a heurté des arbres et le relief est donc perdue.

– Jon Lee, Bureau de la sécurité des transports du Canada

Pour expliquer comment un passager a pu survivre à l’accident, alors que tous les autres ont péri est plus difficile avec une épave consumée par les flammes. «Normalement, si nous avions une cabine intacte, nous pourrions inspecter les portes, les sorties de secours, mais cette information est perdue, tout a brûlé», dit Jon Lee.

Selon un rapport préliminaire du BST, l’avion de type Jetstream serait entré en contact avec des arbres et le relief avant de s’écraser et de prendre feu, peu de temps après le décollage. (Photo : BST)

Les enquêteurs ont quand même pu récupérer l’enregistreur de conversations. Malgré l’incendie, M. Lee pense que les données pourront être téléchargées. «L’enregistreur est couvert de suie, mais n’a pas fondu», indique-t-il.

«Les enregistreurs de conversations sont conçus pour pouvoir soutenir une certaine température pendant un certain temps», dit Jon Lee.

De plus, ces appareils sont normalement installés dans une partie de l’avion moins susceptible d’être détruite lors d’un impact, comme la queue. «Dans ce cas-ci, la queue n’a pas reçu autant de chaleur et de dommages causés par le feu que le reste de l’avion», précise-t-il.

Cet enregistreur sera envoyé à Ottawa pour le téléchargement des données.

Un appui du Royaume-Uni

L’enquête du BST est de catégorie 3, sur une échelle de 1 à 6. Selon le site web du BST, ce type d’enquête permettrait «de tirer de nouvelles leçons de sécurité et d’améliorer la sécurité des transports en réduisant les risques menaçant les personnes, les biens et l’environnement».

Jon Lee dit que chaque enquête donne la possibilité d’apprendre quelque chose. «Dans ce cas-ci, nous avons une compagnie qui offre des vols permanents à Fort Smith et aux Territoires du Nord-Ouest. Le type d’avion utilisé exige une réglementation et une certification de Transport Canada.»

Au cours des prochaines semaines, le BST examinera les commandes de vol, puis le système de commande de vol. Les moteurs seront envoyés chez le fabricant, à Phoenix, en Arizona, pour un examen approfondi.

Au début d’une enquête, on se demande si les moteurs étaient fonctionnels ou non. S’ils étaient fonctionnels, pouvaient-ils fournir la puissance nécessaire pour monter [dans les airs]?

– Jon Lee, Bureau de la sécurité des transports du Canada

Trois enquêteurs de l’Air Accidents Investigation Branch, l’équivalent du BST au Royaume-Uni, sont arrivés à Edmonton «pour aider au transfert d’information du constructeur, British Aerospace Systems, à propos de tout ce qu’il faut savoir sur le design, la performance, etc.»

Le BST étudiera aussi la formation offerte aux pilotes, leurs antécédents et leur expérience. Il s’appuiera aussi sur l’enquête du coroner en chef des T.N.-O. concernant les causes des décès.

«Pour chaque enquête, on recueille la même quantité d’information à partir de trois catégories principales. On étudie l’avion, on examine les gens qui sont concernés et on regarde l’environnement, comme la météo et le contexte opérationnel», conclut Jon Lee.

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Julie Plourde, Radio-Canada

Vidéojournalise à Yellowknife

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