Un outil pour détecter la présence d’animaux dangereux testé au Nunavut

Un radar installé près d'un toit surplombe un paysage.
Le radar a été installé à la station météorologique Eureka, située dans la région de Qikiqtaaluk, au Nunavut. Il doit permettre de protéger les travailleurs, dit Environnement Canada. Photo : Fournie par Polar Bear International.

Un outil ayant pour but de détecter la présence d’animaux sauvages, comme les ours polaires et les loups, est en train d’être testé dans des communautés de l’Arctique, et doit permettre d’éviter de potentielles interactions dangereuses avec les humains.

Bear-dar est un radar fixe qui est conçu pour sonder le paysage alentour et détecter les mouvements. Il peut ainsi être utilisé pour alerter les communautés qu’un ours polaire est dans les environs.

« Cela peut passer par l’envoi d’un message texte, d’un courriel, ou par l’émission d’un signal lumineux », explique Geoff York, directeur principal de la recherche et de la politique à Polar Bear International, qui a conçu l’outil.

Polar Bear International, en collaboration avec Spotter Global, un développeur de technologies militaires, a passé des années à perfectionner cette technologie à Churchill, au Manitoba, où les observations d’ours polaires sont fréquentes.

L’outil a été installé en août 2025 à la station Eureka, dans la région Qikiqtaaluk, au Nunavut, où Environnement Canada a du personnel. L’agence fédérale a noté une augmentation des observations d’ours polaires ces dernières années.

Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, écrit Environnement Canada dans un courriel. [Bear-dar] est potentiellement un outil pour renforcer la sécurité du personnel en l’alertant de la présence d’un ours polaire ou d’autres animaux sauvages, comme les loups, notamment pendant les mois de faible ensoleillement et de pénombre polaire.

L’outil va notamment être testé dans des communautés de l’archipel norvégien de Svalbard. Hilde Fålun Strøm, une citoyenne scientifique et ambassadrice de Polar Bear International, vit dans l’archipel depuis plus de 30 ans. Elle explique avoir vu les effets des changements climatiques sur le comportement des ours polaires, qui se rapprochent des communautés.

Actuellement, les communautés de l’archipel comptent sur les observations des humains pour détecter la présence des ours polaires. Selon Hilde Fålun Strøm, le bear-dar peut protéger à la fois les humains et les animaux.

Nous sommes les visiteurs, ici, sur leur territoire. Aussi on pourrait être alertés lorsqu’ils approchent et trouver des moyens doux de leur faire peur pour qu’ils s’éloignent.

Cependant, l’outil coûte cher. Geoff York explique que le modèle de base coûte environ 60 000 $, et qu’il peut coûter plus cher s’il doit servir à protéger des communautés entières.

Avec des informations de Samuel Wat

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