À Norman Wells, dans le Grand Nord canadien, une réflexion sur l’après-pétrole

En 2024, l’impériale payait 6 millions de dollars en impôts à Norman Wells, soit environ 70 % du budget de la ville. (Julie Plourde/Radio-Canada)

Aux Territoires du Nord-Ouest, l’annonce de la fin des opérations de l’Impériale à Norman Wells suscite des inquiétudes et des interrogations sur l’avenir de la communauté. La pétrolière est là depuis plus d’un siècle et a façonné le paysage et l’économie du Sahtu.

John Louison père a passé ses jours les plus mémorables à travailler pour l’Impériale à Norman Wells.

Il y a décroché son premier emploi en 1963 et, pendant 40 ans, y a travaillé de manière intermittente.

Lorsqu’il a appris vendredi que les activités d’extraction s’arrêteront cet été, il s’est tout de suite « senti triste ».

Un sentiment qui est partagé par Peter Guther, résident de longue date de Norman Wells et entrepreneur local. « Je ne pensais pas que cela arriverait de si tôt, confie-t-il. Donc, mon premier sentiment a été d’être dévasté. »

Ils étaient une colonne vertébrale pour Norman Wells pendant un siècle. Un siècle. C’est impossible à remplacer.Peter Guther, résident de longue date de Norman Wells et entrepreneur local

Josh Earls, le président de la Chambre de commerce de Norman Wells, évoque lui aussi sa surprise. Propriétaire d’une épicerie sur place, il raconte que le sujet était sur les lèvres de tous ses clients vendredi.

« Les gens se demandent comment cela va se répercuter sur notre communauté », résume-t-il.

Joshua Earls (à droite) est propriétaire de l’épicerie Ramparts à Norman Wells. (Joshua Earls)

Anticiper dans l’urgence

« Nous avons toujours su qu’ils allaient fermer, mais j’ai toujours pensé qu’ils nous donneraient au moins deux ans de préavis », lance Frank Pope, le maire de Norman Wells.

Le sentiment, vendredi, c’était de la colère. J’avais assez de mal à garder ma langue dans ma poche et c’est pour ça que je n’ai pas donné d’entrevues tout de suite.Frank Pope, maire de Norman Wells

Le maire s’inquiète surtout de la baisse des recettes fiscales liée au départ de l’Impériale.

Le maire de Norman Wells, Frank Pope, comme ses administrés, a appris vendredi la fin très prochaine du principal moteur économique de sa ville. (Julie Plourde/Radio-Canada)

Selon une lettre adressée à l’Office des terres et des eaux du Sahtu en décembre 2024, l’Impériale employait environ 80 personnes à Norman Wells et payait 6 millions de dollars en impôts, soit environ 70 % du budget de la ville.

S’amorce désormais la longue réflexion autour du renouveau économique du Sahtu après le départ de l’Impériale à l’été 2026. Plusieurs acteurs locaux comptent sur la vaste opération d’assainissement qui sera nécessaire après la fermeture du site.

L’entreprise a d’ores et déjà indiqué vendredi que ce travail ne commencera pas avant 2030, mais Josh Earls y voit « une énorme occasion ».

Frank Pope nuance son propos : « Oui, tant que ce travail est mené par des gens d’ici, par des entreprises locales, ou alors en passant par les communautés. Si ce sont juste des contrats et des gens du Sud, là, nous aurons un problème. »

Le député du Sahtu, Daniel Mcneely, insiste sur la nécessité de diversifier les sources de revenus, à Norman Wells, mais aussi pour l’ensemble de l’économie ténoise, puisque l’industrie du diamant arrive aussi en fin de vie.

« Combien d’industries doivent encore s’en aller avant que de nouveaux investissements en capitaux soient faits? », demande-t-il.

Le maire de Norman Wells croit en un avenir où le tourisme jouerait un rôle.

« On ne peut pas vivre seulement du tourisme, mais le tourisme est encore important pour notre communauté. Nous sommes encore dynamiques dans ce secteur », conclut-il avec une dose d’espoir.

Avec des informations de Lawrence Nayally et de Sarah St-Pierre

Radio-Canada

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