Jeux de l’Arctique : dures conditions d’entraînement pour les fondeurs du Nunavut

Le froid extrême et la rareté de la neige compliquent cette année l’entraînement des jeunes fondeurs du Nunavut, qui s’apprêtent à prendre part aux Jeux d’hiver de l’Arctique à Whitehorse.
Les conditions ont contraint l’équipe à limiter ses sorties sur les pistes d’Iqaluit au cours des derniers mois.
La texture de la neige donne cette année du fil à retordre à Callum Goddard, 13 ans, membre de l’équipe du Nunavut. « Les skis me semblent très collants. Je sens que je n’ai pas assez de glisse », explique-t-il.
Ce sera la seconde fois cette année que des fondeurs nunavummiut participent aux Jeux, après ceux de 2024.
Cette semaine, l’entraîneur Benoit Havard a commencé à aménager quelques centaines de mètres de pistes pour l’entraînement des jeunes athlètes.

Sans arbres pour bloquer le vent et avec des conditions de neige qui changent constamment, il est important, selon M. Havard, d’entretenir régulièrement la piste.
« Cet hiver a été difficile », admet-il.
« C’est une année unique. Je n’ai jamais vu de telles conditions sèches à cette période-ci. Nous allons bien sûr avoir de la neige, éventuellement, et allons skier jusqu’à la fin mai, peut-être même en juin. Mais c’est long. C’est un début de saison tardif. »
Également membre de l’équipe de ski de fond, Igimaq Williamson Bathory dit n’avoir pu skier à l’extérieur que quelques fois.
« C’est sans doute la troisième fois que je skie cette année. La glisse n’est pas aussi bonne qu’au printemps. La neige est beaucoup plus froide et c’est donc un peu plus dur », indique-t-il.
« L’air est aussi vraiment froid et il est donc difficile de skier longtemps. Il fait aussi assez noir l’hiver, donc on ne s’éloigne pas trop. »
L’équipe a tout de même trouvé une façon de s’entraîner à l’intérieur, et en toute saison.

Le SkiErg à la rescousse
L’été et l’automne, selon Igimaq, l’équipe enfile des skis à roulette, en plus de courir de deux à trois fois par semaine.
Cette année, elle a également accès à SkiErg, une machine d’entraînement spécial qui simule les mouvements du ski de fond.
Selon lui, l’équipement permet de gagner en force pour mieux skier à l’extérieur.
« Ça travaille beaucoup le gainage, et je trouve aussi que mes mollets sont un peu douloureux après un certain temps », dit-il.

L’équipe de ski de fond s’est également envolée vers le Québec en février pour l’évènement Gatineau Loppet, afin de vivre une compétition et d’« avoir beaucoup de skis dans les jambes avant les Jeux de l’Arctique », comme le mentionne M. Havard.
Callum et Igimaq sont arrivés deuxièmes et troisièmes dans certaines de leurs courses.
« C’est vraiment le moment idéal pour s’y rendre, puisque leur saison de ski se déroule en ce moment, alors que nous ne pouvons pas beaucoup skier. Nous nous rapprochons des Jeux d’hiver de l’Arctique, et nous avons l’occasion de skier un peu avant nos grosses compétitions », dit Igimaq.
Malgré les défis d’entraînement, Callum est convaincu de pouvoir offrir de bonnes performances.
« Je ne suis pas trop nerveux parce que nous avons pu skier un peu à Gatineau, donc je crois que je suis prêt », conclut-il.
C’est dimanche que seront lancés les Jeux d’hiver de l’Arctique Whitehorse 2026.
