La communauté inuit de l’Alberta en pleine croissance

Un groupe d’Inuit vivant en Alberta tente de créer un espace inclusif et de tisser des liens durables.
Bien que des Inuit soient établis dans la province depuis des décennies, leur petit nombre a longtemps freiné l’organisation d’activités culturelles fructueuses à Calgary. Toutefois, la croissance de la communauté dans les grands centres urbains a poussé l’Association Inuit Albertamiut à sonder ses membres pour mieux répondre à leurs besoins.
Elle a lancé un sondage auprès des quelque 3000 Inuit vivant en Alberta pour savoir ce qui compte le plus pour eux.
Ils s’ennuient les uns des autres, explique Donna Kissoun, Ikajukti (aide) au sein de l’Association Inuit Albertamiut.
Elle affirme que ce sondage était essentiel, car l’association doit savoir où habitent les gens, comment ils vivent et quelles sont leurs priorités afin de répondre adéquatement à leurs attentes.
Jusqu’à présent, environ 370 personnes ont répondu à l’appel.
D’après les premières réponses, il est clair que la nourriture traditionnelle manque cruellement à de nombreux Inuit.
Au menu : ragoût et soupe de caribou (Tuktu), chaudrée d’omble chevalier, ainsi que de l’omble et du Mataaq (graisse de baleine) servis congelés.

Une croissance rapide
Selon le recensement de 2016, 2500 personnes se définissaient comme Inuit en Alberta. En 2021, ce nombre est passé à 2945, soit une hausse de 17,8 % et une croissance plus rapide que les populations des Premières Nations ou des Métis durant la même période.
Donna Kissoun estime que ce chiffre est encore plus élevé aujourd’hui.
Andrea Ng, qui organise des rencontres culturelles, s’est réjouie de devoir changer de lieu à la dernière minute à Calgary en raison du nombre impressionnant de participants. Habituellement, il y a environ 40 personnes, mais cette fois, 80 se sont inscrites.
Je viens de Cambridge Bay, au Nunavut. C’est une petite communauté avec beaucoup de culture. Nous avons des rassemblements comme celui-ci tout le temps, confie Andrea Ng, qui vit maintenant à Edmonton.
Être chez soi, loin de chez soi
Tapisa Kilabuk est originaire d’Iqaluit, au Nunavut, mais elle vit à Calgary depuis 18 ans. Elle dit n’avoir jamais vu un tel esprit communautaire auparavant.
J’ai l’impression qu’il y a une communauté grandissante à Calgary, dit-elle.
Tapisa Kilabuk est heureuse d’avoir été invitée par plusieurs organisations du Traité no 7 à participer à des pow-pow ou à des huttes à sudation, mais dit que « ce n’est pas la même chose ».
L’association continuera d’organiser des événements où les gens pourront échanger et savourer leurs plats traditionnels, même s’il faut les faire venir par avion et les préparer sur place.
Selon Donna Kissoun, les programmes et les services offerts par le gouvernement fédéral ou par d’autres agences sont souvent conçus pour les Autochtones de manière générale, et non expressément pour les Inuit en milieu urbain, dont la réalité est bien différente.
Avec les informations de Colleen Underwood
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