Le remplacement urgent du déversoir du barrage Wareham est estimé à 180 M$

Un texte de Nassima Way
Dans sa plus récente mise à jour sur le projet de remplacement du déversoir du barrage Wareham, le gouvernement yukonnais a donné plus de détails sur les travaux et sur l’estimation de leurs coûts.
Ces travaux, jugés urgents, visent à réduire le risque d’inondations possiblement mortelles dans la région de Mayo, où vivent plusieurs centaines de personnes.
Énergie Yukon prévoit que le projet de remplacement du déversoir du barrage Wareham coûtera environ 180 millions de dollars (plus ou moins 30 %), indique le communiqué du territoire, ajoutant que la dernière inspection par des experts indépendants confirme encore une fois la nécessité de remplacer le déversoir.
La détérioration du béton à la base de l’infrastructure avait été constatée pour la première fois en 2020. Cependant, les réparations effectuées en 2021 et en 2022, pour prolonger sa durée de vie, n’ont pas permis de ralentir sa dégradation.
En décembre 2023, une évaluation technique externe a conclu que le déversoir s’était détérioré à un rythme plus rapide que prévu et au-delà de ce qui pouvait être réparé, précise la proposition de projet d’Énergie Yukon déposée à l’Office d’évaluation environnementale du Yukon (YESAB), à la fin mars.
« L’état du déversoir augmente le risque de défaillance structurelle en cas de crue majeure future et représente un risque inacceptable pour la sécurité publique », explique la proposition de projet d’Énergie Yukon. « Une telle défaillance aurait des conséquences graves en aval, avec des pertes de vie potentielles ainsi que d’importants dommages.
La proposition indique également que l’option d’un déversoir à canal ouvert, taillé dans la roche, a été retenue, car elle permet de détourner l’eau en cas de crue importante pendant les travaux, notamment lors de la fonte printanière, tandis que l’infrastructure actuelle est un déversoir à goulotte en béton.
C’est essentiel, car si nous devions faire face à un débit d’eau important nécessitant d’être évacué par le déversoir, nous prévoyons être en mesure de le faire dès le début de la crue printanière l’an prochain, explique Paul Murchison, vice-président d’Énergie Yukon.
Le village de Mayo, à 8 km en aval du déversoir, les communautés environnantes et la Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun seraient directement touchés en cas de défaillance du déversoir.

Elle provoquerait aussi un désastre environnemental en raison du volume de sédiments et des débris de béton qui se déverseraient dans les affluents de la rivière Mayo.
Bill Staler, consultant en environnement, effectue certains travaux pour la Première Nation. Selon lui, les communautés à risque se préparent à l’éventualité d’un débordement.
Il y a eu récemment des exercices de planification d’urgence pour déterminer comment Énergie Yukon réagirait et comment elle travaillerait avec le gouvernement du Yukon, le village de Mayo et la Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun en cas de débits d’eau plus élevés devant être évacués par le déversoir, explique-t-il.
Les travaux comprennent entre autres des opérations d’excavation et de dynamitage pour creuser le canal ouvert, suivies d’un bétonnage intensif, avant l’installation des éléments mécaniques, comme les vannes.
Énergie Yukon souhaite commencer les travaux en 2026 pour une mise en service du nouveau déversoir en 2028.
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