Le Grand Nord canadien se réjouit de l’arrivée d’un contrôleur des armes à feu

Avant cette nomination, la gestion des armes à feu dans le Nord était supervisée depuis la Colombie-Britannique pour le Yukon, de l’Alberta pour les Territoires du Nord-Ouest et du Manitoba pour le Nunavut. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

Le gouvernement fédéral a annoncé mi-septembre la création d’un nouveau poste distinct de contrôleur des armes à feu permanent pour les trois territoires du Nord.

Les prérogatives du futur contrôleur des armes à feu seront similaires à ses homologues du Sud. Il aura notamment la tâche d’approuver ou de refuser les demandes de permis d’armes à feu, mais aussi de superviser également la prestation des cours de sécurité dans le maniement des armes à feu.

Avant cette nomination, la gestion des armes à feu dans le Nord était supervisée depuis la Colombie-Britannique pour le Yukon, de l’Alberta pour les Territoires du Nord-Ouest et du Manitoba pour le Nunavut.

La décision a été prise à la suite de consultations menées en 2024 par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans le cadre du Programme canadien des armes à feu.

« Cette analyse a permis de souligner la nécessité de mettre en place un nouveau leadership et une nouvelle structure dans le Nord », ajoute Kellie Paquette, la directrice générale du Programme canadien des armes à feu de la GRC.

Alors que les territoires sont très distincts et uniques d’un point de vue géographique, linguistique et culturel, les consultations ont permis de cerner des lacunes communes ainsi que des possibilités d’améliorer la prestation de services.Kellie Paquette, directrice générale du Programme canadien des armes à feu de la GRC

À l’heure actuelle, le poste est déjà pourvu sur une base intérimaire au Yukon, en attendant la fin du processus d’embauche et l’arrivée d’un contrôleur permanent des armes à feu.

Bon accueil des gouvernements

Le Parti du Yukon, actuellement au pouvoir, militait notamment pour ce poste depuis plusieurs années.

« Au cours des dernières années, et lors des diverses assemblées publiques tenues cet été concernant la future loi yukonnaise sur les armes à feu, nombre de propriétaires d’armes à feu du territoire ont plaidé en faveur d’un poste de contrôleur basé au Yukon », a réagi par communiqué Laura Lang, la ministre yukonnaise de la Justice.

Le gouvernement yukonnais a en effet lancé cette année une consultation pour sonder la population sur une future législation concernant les armes à feu.

Aux T.N.-O., le ministre de la Justice, Jay McDonald, « accueille positivement la décision du gouvernement fédéral ».

« L’emplacement de ce poste dans le Nord est un pas dans la bonne direction, car il garantit que les services sont offerts plus près des gens », ajoute-t-il par courriel.

Le gouvernement du Nunavut indique, lui, « avoir hâte de travailler avec le ministère de Sécurité publique et le nouveau contrôleur des armes à feu afin de veiller à ce que les besoins uniques du Nunavut soient compris et à ce que des services appropriés soient offerts dans l’ensemble du territoire ».

Le territoire précise également avoir récemment conclu un accord avec le contrôleur des armes à feu du Manitoba pour former 12 nouveaux instructeurs sur la sécurité des armes à feu au Nunavut.

Servir le Nord et ses réalités uniques

La différence de culture des armes à feu entre le Nord et le Sud a été au coeur de la consultation de la GRC pendant 10 mois de 2024 à 2025.

Pour cela, la directrice des services de réglementation sur les armes à feu à la GRC, Julie Fraser, s’est rendue dans plusieurs communautés, dans chacun des trois territoires.

« On voulait corriger nos services pour mieux servir le Nord, avance-t-elle, porter attention à ses réalités uniques. »

On a parlé à des leaders de communautés, on a parlé aux chasseurs, on a parlé à tout le monde.Julie Fraser, directrice des services de réglementation sur les armes à feu à la GRC

L’éloignement des communautés, les barrières linguistiques, la vision holistique de la chasse pour les Autochtones sont autant de réalités que Julie Fraser a recensées au cours de ses voyages.

« Pour eux, la chasse, ce n’est pas du sport, c’est pour nourrir leur communauté, c’est pour se souvenir de leur héritage. »

Elle a également constaté que certaines communautés étaient déjà conscientisées au danger des armes à feu, avec, par exemple, des chasseurs qui amènent les plus jeunes en nature dans cette optique.

« On a aussi coordonné un cours sur les armes à feu seulement pour les femmes, parce qu’elles aussi veulent prendre part aux activités de chasse. »

Julie Fraser conclut en ajoutant que le futur contrôleur pour le Nord pourra prendre en compte toutes ces réalités pour ajuster son approche, toujours dans l’objectif de sensibiliser les populations au maniement sécuritaire des armes à feu.

Un article de Mohamed-Amin Kehel

Radio-Canada

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