Des peaux d’ours polaires difficiles à écouler dans le Grand Nord canadien

Les peaux d’ours polaires récoltées par les chasseurs du Nunavut n’ont pas eu beaucoup de succès sur les marchés internationaux récemment. (Photo : Matisse Harvey/Radio-Canada)

Au Nunavut, le gouvernement a lancé un programme qui a pour but de vendre des peaux d’ours polaires à des prix compétitifs, après que celles-ci n’ont pas pu être écoulées lors de ventes aux enchères organisées dans le sud du pays, en Ontario.

En temps normal, les peaux d’ours polaires s’arrachent sur les marchés mondiaux, notamment auprès de clients originaires de Russie et de Chine. Mais cette année, même après les ventes, plus de 300 peaux récoltées par des chasseurs du Nunavut n’ont pas pu trouver preneur.

Le gouvernement s’est alors dit qu’il devait faire quelque chose pour ne pas laisser les peaux, non tannées, pourrir dans le hangar de la salle des ventes Fur Harvesters Auction Inc. de North Bay en Ontario, indique Jon Neely, agent de conservation du gouvernement du Nunavut et porte-parole du programme Initiative Nanuit.

Avec ce dernier, les autorités ont décidé de rapatrier ces peaux invendues au territoire pour essayer de les écouler à des prix cassés et à des Nunavummiut seulement.

« J’espère que c’est la seule fois que nous ferons cela. »

Jon Neely, agent de conservation du gouvernement du Nunavut et porte-parole d'Initiative Nanuit

D’habitude, poursuit M. Neely, le gouvernement agit comme intermédiaire entre les chasseurs et les acheteurs : il fournit une avance pouvant aller jusqu’à 3000 $ pour une peau, en fonction de l’estimation du prix auquel elle va se vendre. Lorsque la vente est finalisée, le chasseur récupère la différence de paiement.

Des ventes internationales en berne

Cette année, l’offre a dépassé la demande, si bien que de nombreuses peaux, soit pour des questions de taille ou de qualité, sont restées dans l’arrière-boutique.

Jon Neely affirme que les acheteurs étaient plus frileux à investir dernièrement, particulièrement à cause de discussions entourant le possible changement de statut des ours dans la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

« S’ils remontaient sur la liste, le commerce international de pièces d’ours polaires n’aurait pas pu se faire, puisqu’aucune partie de l’animal n’aurait pu quitter le pays. Il y a donc beaucoup d’acheteurs internationaux qui ne voulaient pas acheter de peaux […] jusqu’à ce qu’une décision finale soit prise », explique Jon Neely.

Le gouvernement du Nunavut a fait ramener plus de 200 peaux d’ours polaires sur le territoire alors qu’elles n’ont pas pu être vendues à la salle de vente de l’Ontario. (Photo : John Last/CBC)

Le gouvernement a donc récupéré 235 peaux qu’il a classées en quatre catégories en fonction de leur qualité et de leur taille, pour des prix allant de 200 $ à 800 $.

Durant l’été, 70 peaux ont été envoyées à des écoles ou à des organismes de charité.

Les 165 peaux restantes ont ensuite été divisées en deux groupes. Les 75 premières étaient réservées aux Inuit du Nunavut, avec les chasseurs ayant l’opportunité de racheter leurs peaux.

Cent personnes se sont inscrites et le tirage au sort des vainqueurs a eu lieu le 29 septembre. Jon Neely pense que dès la semaine prochaine, il y aura un nouveau tirage au sort pour les peaux restantes.

Avoir une approche plus sélective

Pour l’heure, son équipe est toujours en train d’essayer de joindre les gagnants, une tâche ardue et chronophage.

« Nous faisons de notre mieux pour appeler tout le monde rapidement. Mais vous savez, ce n’est pas toujours facile de joindre les gens ici. »

Jon Neely, agent de conservation du gouvernement du Nunavut et porte-parole d'Initiative Nanuit

Il ajoute aussi que parfois, certains acheteurs se rétractent, il faut donc continuer à appeler les noms sur la liste pour trouver un nouvel acheteur.

Si pour le moment l’opération semble fonctionner, le gouvernement ne tire aucun profit de cette vente. Pour éviter qu’une telle chose se reproduise à l’avenir, il a donc décidé de réduire son avance financière à 500 $ par peau à cause de l’état déprécié du marché.

Jon Neely estime que les autorités doivent aussi être plus sélectives sur les peaux pour lesquelles elles choisissent de faire une avance.

« En sachant que les ventes de peaux ne sont plus aussi bonnes, nous ne pouvons pas nous permettre d’en envoyer autant dans le Sud chaque année », conclut-il.

Laureen Laboret, Radio-Canada

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