La surveillance environnementale d’une mine nordique pourrait disparaître

Les autorités des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) et du Canada ont entamé des consultations sur la cessation des activités de l’Agence indépendante de surveillance environnementale (IEMA) liée à la mine Ekati.
La mine a mis fin à ses activités plus tôt cette année et se trouve sous séquestre depuis juillet. Désormais, le gouvernement ténois doit s’occuper de la fermeture et du nettoyage du site, une tâche qui incombe à PriceWaterhouseCoopers, le séquestre en question.
Le gouvernement possède environ 327 millions de dollars de garantie pour la remise en état de la mine, un montant qui serait également utilisé pour l’IEMA.
Selon une lettre des gouvernements adressée à l’agence, la dissolution de l’organisme est motivée principalement par des contraintes financières. Les autorités envisagent d’affecter ces fonds de manière plus efficace en les attribuant directement aux travaux de fermeture.
Le directeur de l’IEMA, Mark Casas, soutient que l’agence a un rôle essentiel pendant la fermeture et que les craintes selon lesquelles elle constituerait un fardeau financier sont à courte vue.
Il avance que les contributions de l’agence pourraient aider à éviter des erreurs coûteuses au moment des travaux d’assainissement, car le site est complexe et comprend une dizaine de mines à ciel ouvert.

Mark Casas souligne que l’ancien propriétaire de la mine, l’Arctic Canadian Diamond Company, a interrompu ses activités sans avoir prévu de plan de clôture. Cette responsabilité revient dorénavant au gouvernement des T.N.-O., qui devra obtenir l’approbation de l’Office des terres et des eaux du Wek’èezhìi.
D’ordinaire, le gouvernement territorial serait l’une des entités chargées d’évaluer le plan dans ce processus d’autorisation. Toutefois, Mark Casas explique que, en devenant le porteur du projet, le gouvernement cède cette responsabilité. La disparition de l’IEMA éliminerait une autre option d’examen technique.
« Nous sommes établis depuis plus de 30 ans », lance-t-il. « Cette histoire et ce savoir-faire ne peuvent pas être facilement récupérés si on supprime l’organisation […] Il est important d’en assurer la continuité. »
En août, le gouvernement ténois a annoncé la dissolution du Conseil consultatif sur la surveillance de l’environnement, l’homologue de l’IEMA, en lien avec la mine Diavik.
Un rôle croissant des gouvernements autochtones
En plus de l’IEMA, les gouvernements territorial et fédéral consultent plusieurs gouvernements autochtones concernés, y compris le gouvernement Tłįchǫ, la Première Nation des Dénés Yellowknives, la Première Nation dénée de Lutsël K’e, l’Alliance des Métis du Slave Nord et la Kitikmeot Inuit Association.
Selon Eileen Marlowe, responsable des espèces sauvages, des terres et de l’environnement pour la Première Nation dénée de Lutsël K’e, il existe une possibilité que les gouvernements autochtones jouent un rôle accru dans la surveillance environnementale du site.
« Si nous prenons les devants, nous nous assurons ainsi de faire partie du dialogue, de la remise en état et de la clôture du dossier », affirme Mme Marlowe.
Elle critique aussi l’agence pour son manque d’investissement dans la formation et l’embauche de membres des communautés autochtones au fil de son histoire.
