Des chercheurs évoquent des menaces sur une colonie de guillemots dans l’Arctique

Une colonie de guillemots nichant dans l'Arctique, dans les Territoires du Nord-Ouest.
La colonie de guillemots de Brünnich du cap Parry, dans les Territoires du Nord-Ouest, est l’une des plus isolées et des moins étudiées de l’espèce dans le monde. (Photo : Stephen Insley)

Selon une nouvelle étude, une colonie de guillemots de Brünnich nichant au cap Parry, dans les Territoires du Nord-Ouest, serait soumise à des menaces croissantes liées notamment à l’augmentation du trafic maritime dans l’Arctique et aux changements environnementaux.

Ces oiseaux marins à bec épais, appelés aussi pingouins du Nord, constituent l’une des colonies les plus isolées et les moins étudiées de l’espèce dans le monde, selon le rapport publié plus tôt cette année dans la revue Marine Ecology Progress Series.

La recherche, codirigée par Stephen Insley et par Rosana Paredes de la Wildlife Conservation Society Canada, décrit l’emplacement de la zone de mue et de la nourricerie de la colonie du cap Parry. Ces informations n’avaient jamais été documentées auparavant.

Bien que les guillemots de Brünnich ne soient pas exclusifs au cap Parry, le fait que cette colonie particulière soit située si loin au nord des Territoires du Nord-Ouest est rare.

Comme l’affirme Stephen Insley, la plupart se trouvent dans l’est de l’Arctique, au nord de la baie d’Hudson. Les guillemots du cap Parry sont les seuls à vivre dans l’ouest de l’Arctique canadien. Ils sont actuellement quelque 1300 à y nicher.

Un guillemot à bec épais se tient sur une pierre, près d'un cours d'eau.
Ils sont actuellement quelque 1300 guillemots à bec épais à nicher au cap Parry, dans les Territoires du Nord-Ouest. (Photo : Stephen Insley)

À la croisée des routes maritimes

Les recherches visant à déterminer l’emplacement exact de la voie migratoire de la colonie sont toujours en cours.

Stephen Insley affirme toutefois que les chercheurs sont convaincus que les voies empruntées par les poussins et par les mâles pendant la période de mue, ainsi que celles empruntées par les femelles, croisent les routes maritimes.

Si vous tracez toutes les routes maritimes, vous obtenez un corridor de base, indique Stephen Insley, codirecteur de l’étude. Si vous regardez où se trouvent toutes les routes maritimes, elles chevauchent clairement ces deux zones.

Selon le dernier rapport du Conseil de l’Arctique sur l’état du transport maritime dans la région, celui-ci est en augmentation constante, avec une hausse de 37 % entre 2013 et 2024.

Au moment où l’Arctique se réchauffe

Cette tendance correspond au réchauffement de l’Arctique, où les saisons sans glace sont de plus en plus longues.

Pour les guillemots, cela signifie que leur zone de mue est de plus en plus touchée par le trafic maritime. Les oiseaux passent toute leur vie en mer, sauf pendant la période de reproduction.

Avec le changement climatique, ces zones de navigation vont être davantage utilisées, car la fonte des glaces sera plus précoce, explique Rosana Paredes, codirectrice de l’étude. Cette colonie risque donc d’être touchée par le trafic maritime.

Cet effet se manifeste notamment par des collisions avec des navires.

Pendant la période de mue, les guillemots à bec épais sont incapables de voler, car ils perdent leurs plumes primaires.

Les chercheurs suggèrent également que les marées noires et la pollution sonore associées au trafic maritime constituent une menace pour la survie de la colonie.

Le changement climatique dans l’Arctique se produit beaucoup plus rapidement que dans le reste de la planète. L’état de ces espèces vous donne une meilleure indication de ce qui se passe là-bas en matière de changement climatique, et cela a ensuite un impact sur nous tous, conclut Stephen Insley.

Avec les informations de Tamara Merritt

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