Les écoles francophones des trois territoires font face à des problèmes d’infrastructures

Ouvert il y a six ans, le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier a déjà dépassé sa capacité prévue de 150 élèves, avec 176 inscriptions cette année. Des salles prévues pour le personnel ont notamment dû être réaffectées en salle de classe cette année.
Photo : Radio-Canada / Laurie Trottier

Un texte de Thomas Ethier

Face à une hausse prononcée du nombre d’élèves et à des infrastructures qui arrivent au bout de leurs capacités, les commissions scolaires francophones des trois territoires réclament des investissements publics à la hauteur d’une demande qui pourrait continuer à s’amplifier.

Le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier de Whitehorse accueillait lundi 176 élèves pour la rentrée, soit 16 de plus que l’an dernier.

Ouverte en 2020, l’école a été conçue pour accueillir 150 élèves.

Côté espace, ce sera une situation difficile pour le personnel enseignant, indique Marc Champagne, directeur de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY).

Du salon des employés à la salle de théâtre, plusieurs locaux de l’école secondaire ont dû être réaménagés en salles de classe cette année. Deux salles de classe modulaires ont été ajoutées grâce à une entente avec le gouvernement territorial.

Au Canada, les commissions scolaires francophones en milieu minoritaire ont l’obligation d’accepter tous les élèves admissibles, peu importe le nombre de places disponibles.

L’école primaire Émilie Tremblay, également située à Whitehorse, a dépassé son point de saturation. Trois salles de classe modulaires ont déjà été installées dans la cour.

Une nouvelle école primaire devra nécessairement être construite à Whitehorse dans un horizon de 10 ans.

Marc Champagne, directeur de la Commission scolaire francophone du Yukon

À Dawson, le programme Confluence, lancé en 2022, accueillait cette semaine 16 élèves, soit 5 de plus que l’an dernier, pour une limite estimée à environ 25 élèves.

« Cette hausse témoigne de la vitalité de la communauté francophone au Yukon. Mais il faut s’adapter, et nous aurons certainement besoin de nouvelles infrastructures », indique Marc Champagne.

Nouvelle affluence au Nunavut

Au Nunavut, l’École des Trois-Soleils accueillera le 1er septembre 131 élèves pour la rentrée, une hausse importante de 27 inscriptions par rapport à l’an dernier.

L’école s’approche ainsi rapidement de sa capacité d’accueil maximale, estimée à 140 élèves.

« Nous ne sommes pas encore à l’étroit, mais si la tendance se poursuit, c’est sûr qu’on va bientôt déborder », affirme la directrice de la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN), Annie Larocque.

La demande serait aussi grandissante pour un programme d’éducation en français à Rankin Inlet.

La CSFN compte entamer les discussions avec le gouvernement territorial pour aborder les solutions qui s’imposeront.

Cette affluence vers le Nunavut aurait eu comme avantage de faciliter l’embauche.

« Nous sommes dans un vent favorable. Ça se développe ici, il y a un engouement, les gens veulent venir travailler à Iqaluit », observe Mme Larocque, qui note d’ailleurs qu’une proportion de 83 % de son personnel est issue de l’immigration.

Or, les logements se feraient de plus en plus rares, un problème préoccupant pour les nombreux employés venant de l’extérieur.

Une enseignante qui devait commencer le 1er septembre n’a d’ailleurs pas pu emménager à Iqaluit cette année pour cette raison. « Normalement, nous n’avons pas de problème à loger le personnel. Mais plus ça va, plus ça s’aggrave », indique Annie Larocque.

30 élèves quittent Allain-St-Cyr

Aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), l’École Allain-St-Cyr à Yellowknife a dû, l’an dernier, convertir sa bibliothèque et la cuisine du personnel en salle de classe. L’école accueillait alors 225 élèves, pour une capacité de 199.

Or, après deux années de croissance, l’école a perdu 30 élèves cette année, le nombre d’inscriptions passant sous la barre des 200.

Plusieurs d’entre eux auraient opté pour une école d’immersion pour leurs études secondaires.

La Commission scolaire francophone des T.N.-O. essaye de comprendre les causes exactes de cette baisse. « C’est une mauvaise nouvelle. En juin, nous n’avions pas d’indication qu’un grand nombre d’élèves souhaitait ainsi partir », admet François Rouleau, directeur de la Commission scolaire francophone des T.N.-O.

Cependant, il pense qu’il est probable que les ressources limitées de l’école aient pesé dans la balance.

« Cela fait déjà deux ans qu’on travaille avec le gouvernement des territoires pour trouver des solutions et avoir des infrastructures mieux adaptées aux besoins des élèves au secondaire 2e cycle », souligne-t-il.

« Cette situation renforce notre démarche auprès du gouvernement, et démontre l’urgence de nous allouer les ressources nécessaires pour être capables de bâtir l’éducation en français aux T.N.-O. »

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