Un centre de santé inuit de Montréal inquiet de l’ouverture d’un bar à proximité

La maison d’hébergement Ullivik, à Montréal. (Radio-Canada)
L’ouverture d’un bar à deux pâtés de maisons du foyer Ullivik à Dorval (ouest de Montréal) créera un environnement potentiellement néfaste pour les Inuits ayant besoin de soins médicaux selon des membres de la communauté.

Ces inquiétudes font suite à l’octroi d’un permis par la Régie des alcools, des courses et des jeux au bar Archie.

Le centre Ullivik est un lieu de séjour destiné aux Inuits du Nunavik (région inuite du Nord-du-Québec) qui viennent dans la métropole pour recevoir des soins de santé qui ne sont pas offerts dans le Grand Nord.

« [Le bar] va détruire la vie des Inuits à Montréal », a déclaré Johnny Michaud, un Inuit résidant à Ullivik pour traiter des problèmes de santé.

De Puvirnituq, un village du Nunavik, M. Michaud a expliqué à CBC qu’il avait eu des problèmes de consommation d’alcool lorsqu’il était plus jeune.

La proximité du bar engendrera des problèmes pour les personnes logeant au centre, pense-t-il.

Le bar sera situé à environ 600 mètres du centre d’hébergement pour les Inuits, au sous-sol de l’Auberge de l’aéroport Dorval. « Avec la circulation, c’est très dangereux de s’y rendre. Parfois [les voitures] vont vite », a ajouté M. Michaud.

Des propos partagés par la directrice du centre Ullivik, Maggie Putulik. « Je m’inquiète pour la sécurité de nos patients », a-t-elle lancé au micro de l’émission Daybreak de CBC.

La directrice précise que le propriétaire du bar, Achillies Vriniotis, possède un autre établissement au centre-ville de Montréal, à l’endroit même où se trouvait l’ancien centre Ullivik. Elle accuse le tenancier de suivre sciemment la clientèle d’Ullivik à Dorval. « De toute évidence, le propriétaire du bar piste nos patients inuits pour se faire de l’argent. »

Le propriétaire nie les accusations

Selon un résumé de la décision rendue publique le 27 juillet par la Régie des alcools, des courses et des jeux, Vriniotis a demandé un permis pour un débit de boisson qu’il envisage ouvrir au sous-sol de L’Auberge de l’aéroport Trudeau.

L’octroi du permis « ne va pas à l’encontre de l’intérêt public », a déclaré la société d’État, et ne constitue pas non plus une menace pour la sécurité publique ou l’ordre publique.

Le tenancier possède aussi le bar GA qui se trouve dans le centre commercial Alexis-Nihon, sur l’avenue Atwater, au centre-ville de Montréal. Cet établissement a été géré par la famille Vriniotis durant trois générations, a rappelé la Régie qui stipule que le bar a toujours été « très strict » quant à la présence de mineurs, de stupéfiants et de surconsommation.

M. Vriniotis a déclaré qu’il n’ouvrait pas un nouvel établissement à Dorval pour suivre les patients du centre Ullivik, mais plutôt pour répondre aux besoins des clients de l’hôtel. « J’ai vu une opportunité et je l’ai prise », a-t-il dit.

« Autour des aéroports, nos études de marché ont démontré que les voyageurs privilégient généralement les hôtels avec restaurant pour se nourrir et prendre un verre », a-t-il argumenté.

Aucune publicité

La Régie a toutefois interdit à M. Vriniotis de faire la publicité de son bar, sur tout type de média, destinée « directement ou indirectement à la clientèle inuite ».

Mais malgré cette interdiction, des publicités annonçant l’ouverture du bar ont déjà été publiées sur la page Facebook « Montreal Inuit Information ». Cette page se présente comme un forum d’information pour la communauté inuite de Montréal.

L’avocate qui représente le centre Ullivik, Émilie Thibault, a envoyé à CBC plusieurs captures d’écran des publicités du bar affirmant qu’elles avaient bel et bien été publiées sur la page Facebook avec l’inscription « All Inuit Welcome » (« Tous les Inuits sont les bienvenus »).

Au sujet de l’inscription, M. Vriniotis a répondu qu’il n’était pas autorisé à faire de la publicité pour la clientèle inuite, conformément à la décision de la société d’État. Il a également déclaré que la page Facebook n’était pas la sienne et qu’il ne savait pas qui était derrière les messages publiés. « Ce n’est pas moi. Mon bar n’est même pas encore ouvert. »

En plus du centre Ullivik, la police de Montréal et la ville de Dorval (un arrondissement au sein de la ville de Montréal) ont exprimé des craintes en ce qui concerne le bar. Ils redoutent en effet « une hausse de la consommation de boissons alcoolisées par les membres de la communauté inuite hébergés à [Ullivik]. »

Radio-Canada

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