Le krill arctique parvient à maintenir son horloge biologique même dans l’obscurité polaire

Durant la « nuit polaire », le soleil ne se lève plus pendant des semaines. Mais même pendant les longues périodes d’obscurité de l’hiver arctique, de petits crustacés réussissent à maintenir leur cycle d’activité quotidien, dévoile une étude.
La lumière joue un rôle fondamental pour les organismes de la planète. Pendant la nuit polaire, il n’y a pas de lever ou de coucher de soleil. Des scientifiques ont toutefois découvert que le krill arctique qui représente une source de nourriture pour plusieurs espèces animales marines conserve ses habitudes pendant les périodes d’obscurités.
L’équipe de chercheurs internationaux a observé l’espèce de krill baptisée Thysanoessa inermis en laboratoire et dans son environnement naturel de l’océan Arctique, au large de l’archipel du Svalbard. Ils ont alors constaté que l’animal pouvait détecter des variations minimes dans une lumière très faible.
Les chercheurs ont également remarqué une augmentation de l’activité électrique des yeux du krill pendant la nuit, ce qui pourrait expliquer son hyper sensibilité à la lumière. L’étude publiée cette semaine dans la revue spécialisée PLOS Biology indique que les petits animaux ressemblant à des crevettes parviennent à déceler les variations infimes de la lumière du ciel.
Peu d’espèces sur Terre capables de moduler leur horloge biologique
Les chercheurs précisent que le comportement du krill puise assez de lumière de la nuit polaire pour continuer à faire fonctionner son horloge biologique. Les animaux capables de moduler leur horloge biologique dans des contextes de basse luminosité ne sont pas nombreux, ajoute l’étude. Seulement quelques espèces de mouches ou de souris dotées de cette capacité ont été répertoriées jusqu’ici.
En entrevue pour la publication Scientific American, Emma Cavan, biologiste de l’Imperial College de Londres, les experts ne savent toujours pas pourquoi le krill arctique continue à nager de haut en bas pendant les nuits les plus sombres.
« S’il n’y a pas de lumière, il n’y a pas de production primaire ni de prolifération d’algues, donc il n’y a rien à manger pour eux, explique la biologiste. Alors pourquoi se déplacent-ils vers la surface? C’est l’un des grands mystères des migrations verticales. »
Avec les informations de Scientific American