Un pas de plus vers une route menant à une communauté isolée de l’Arctique canadien

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Aperçu de la route reliant les communautés nordiques d’Inuvik et de Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest, dans le Nord du Canada. Il faudra encore plusieurs années avant qu’une route reliant les communautés de Wrigley et de Norman Wells, aux T.N.-O., voit le jour. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)
Pas de permis avant quatre ans pour la route de la vallée du Mackenzie aux Territoires du Nord-Ouest, estime Sonya Saunders.

Il faudra plusieurs années avant de rouler à l’année entre Wrigley et Norman Wells, même si le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a signé le 10 avril un protocole d’entente de collaboration avec le Secrétariat du Sahtu pour l’avancement de la route de la vallée du Mackenzie (RVM).

Le protocole d’entente concerne l’établissement de processus d’évaluation et de règlementation environnementales.

Le rapport de développement de la route sera présenté à l’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie dans environ deux ans, explique la directrice de la nouvelle Division des infrastructures stratégiques du ministère de l’Infrastructure, Sonya Saunders.

« Il faudra à peu près quatre ans pour faire ce processus et ensuite avoir le permis de l’Office des terres et des eaux de la vallée du Mackenzie. »

Mme Saunders n’a pas avancé de date à laquelle les 321 kilomètres de la RVM pourraient être terminés, mais a précisé que le financement n’était pas complété.

En 2018, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) annonçait un financement, qui avec la participation du gouvernement fédéral, s’élève à 140 M$.

Travaux préliminaires

Par contre, le Secrétariat du Sahtu et le GTNO ont du financement pour certains tronçons de la route.

Les travaux pourraient commencer sur une section de route de quinze kilomètres près de Wrigley et deux autres près de Tulita et de Norman Wells.

Carte du projet complet de la route de la vallée du Mackenzie, aux Territoires du Nord-Ouest. Le protocole d’entente signé le 10 avril concerne l’évaluation et la réglementation environnementales pour le tronçon entre Wrigley et Norman Wells. (CBC)

« Avec l’appui des collectivités et l’approbation de l’Office d’examen, nous pourrions faire avancer les travaux avant l’évaluation, dit Sonya Saunders. On pourrait donc voir des constructions dans à peu près deux ans. »

40 des 42 ponts sont déjà construits, selon le site Internet du ministère de l’Infrastructure.

« Le pont de la rivière Great Bear est le dernier grand pont qu’il faut refaire, explique Mme Saunders. »

Évaluation environnementale

Pour continuer l’évaluation environnementale, les deux parties doivent, notamment, faire des études sur les espèces sauvages, le savoir traditionnel et l’archéologie. Les impacts sur le caribou seront étudiés avec le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles.

L’évaluation environnementale a commencé dès 2012, précise la directrice des Infrastructures stratégiques, à une époque où on anticipait poursuivre la RVM jusqu’à Inuvik.

En 2015, l’Office d’examen environnemental a publié le cadre de référence en fonction d’une RVM se terminant à Norman Wells.

L’évaluation s’est ultérieurement arrêtée en raison d’un manque de fonds.

Le défi du pergélisol

Les défis qui se poseront dans la construction de la RVM seront différents de la fameuse route 10, estime Sonya Saunders.

« La route Inuvik-Tuktoyaktuk [qui mène à l’océan Arctique] est construite sur du pergélisol continu dans la toundra, nuance-t-elle. Ici, ça sera construit sur du pergélisol discontinu dans la forêt boréale. »

Une route de 14 kilomètres relie Norman Wells à Canyon Creek, un endroit utilisé surtout pour le loisir. (Mario De Ciccio/Radio-Canada)

Une route d’accès de quatorze kilomètres a récemment été construite entre Norman Wells et le ruisseau Canyon.

« C’était ouvert en novembre dernier, et ça nous a donné de très bonnes informations à propos du drainage, et du genre de pergélisol qu’on peut s’attendre à voir, dit Sonya Saunders. Ça va aider à la conception de la construction du reste de la route. »

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Denis Lord, L'Aquilon

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