Ottawa veut réduire l’impact de la fonte du pergélisol dans le Nord

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La route Dempster au nord de Dawson, au Yukon (nord-ouest du Canada) est particulièrement endommagée par la fonte du pergélisol. (Philippe Morin/Radio-Canada)
Un investissement de 707 000 $ pour des projets d’adaptation à la fonte du pergélisol au Yukon et au Nunavut a été annoncé par le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, à Whitehorse, au Yukon.

Le réchauffement climatique, a affirmé le ministre, se fait particulièrement sentir dans les territoires du Nord.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, affirme que les changements climatiques se remarquent tout particulièrement sur les infrastructures des territoires. (Philippe Morin/Radio-Canada)
« Les changements climatiques sont plus rapides dans le Nord que partout ailleurs sur la planète et cela a des effets sur la glace de mer, la couverture de neige et le pergélisol. Le changement climatique peut avoir d’importantes répercussions sur l’infrastructure et endommager les routes, les autoroutes et les aéroports. »

Marc Garneau, ministre des Transports
Un système d’alertes

De l’enveloppe annoncée, 368 000 $ seront utilisés par le Collège du Yukon et son centre de recherche Northern Climate ExChange pour élaborer et installer un système d’alerte. Cela permettra d’avertir les autorités des dommages importants causés par la fonte du pergélisol sur les routes ou les aéroports.

« Les aéroports sont un lien crucial pour les communautés avec l’extérieur et certains de ces aéroports subissent des dommages dus au dégel du pergélisol », selon l’expert en pergélisol du Yukon, Fabrice Calmels.

C’est par avion que sont acheminées les denrées dans les collectivités du Nunavut pendant la majeure partie de l’année. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

Les systèmes surveilleront les glissements de terrain par exemple le long de la route Dempster au nord de Dawson ou encore les affaissements aux aéroports d’Iqaluit et de Tasiujaq et Salluit au Nunavik, la région inuite du Nord québécois.

Les possibilités de réfection des pistes d’atterrissage, admet-il, demeurent difficiles alors que l’accès aux matériaux comme le gravier est problématique.

Il faut ainsi dans un premier temps identifier le type et l’origine du processus de fonte de pergélisol.

« En tenant compte des particularités de l’endroit, on va décider d’une stratégie à savoir : est-ce qu’on va se satisfaire d’une maintenance intensive pour réparer la route au fur et à mesure que le processus se développe? Ou bien [faut-il] l’installation de thermosiphons ou déplacer carrément la route pour l’éloigner d’un endroit problématique. »

Fabrice Calmels, expert en pergélisol, Collège du Yukon

Le système de thermosiphons utilise des tuyaux qui s’étendent sous la fondation pour refroidir le sous-sol et préserver le pergélisol gelé plus longtemps.

Comme plusieurs édifices dans la capitale nunavutoise, l’aéroport d’Iqaluit est muni d’un système de thermosiphons, soit des tuyaux qui permettent de refroidir le sous-sol. (Claudiane Samson/Radio-Canada)

D’après Fabrice Calmels, un tel système est utilisé pour les bâtiments ou certains tronçons de route comme sur la route de l’Alaska, mais il ne convient pas pour une piste d’atterrissage le long de laquelle aucune obstruction n’est permise.

Les travaux de système d’alerte débuteront cet automne et fonctionneront dans deux ans.

Technique d’adaptation pour le Nunavut

Le reste du financement, soit 339 000 $, servira à étudier des techniques d’adaptation aux changements climatiques et la fonte éventuelle du pergélisol à l’aéroport d’Iqaluit.

Les données recueillies par l’Université Laval de Québec d’ici deux ans seront transmises au gouvernement territorial de façon à permettre aux gestionnaires locaux de réagir.

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Radio-Canada

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