Les navires de patrouille canadiens seront associés aux régions inuites de l’Arctique

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Le NCSM Harry DeWolf, a été officiellement affecté à la région de Qikiqtani, dans le nord-est du Canada, qui est aussi la plus vaste des trois régions du territoire du Nunavut. L’entrée en service du navire aura lieu au courant de l’année 2020. Cette image montre une reconstitution du navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique. (Irving Shipbuilding/Marine royale canadienne)
Les six nouveaux navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique de la Marine royale canadienne seront affectés à différentes régions inuites de l’Arctique, qui sont réparties sur quatre territoires et provinces du nord du pays.

« [L’objectif] sera d’aller dans le Nord pour interagir avec les communautés, mener des activités de surveillance maritime et soutenir les différents ministères fédéraux dans la réalisation de leurs mandats », explique le capitaine de frégate pour la Marine royale canadienne, Corey Gleason, en entrevue téléphonique avec Regard sur l’Arctique.

Le premier navire de cette série, le NCSM Harry DeWolf, a été officiellement affecté à la région de Qikiqtani, dans le nord-est du pays, qui est aussi la plus vaste des trois régions du territoire du Nunavut. Ses quelque 20 000 habitants sont répartis dans 13 communautés situées sur l’île de Baffin et dans l’archipel arctique canadien.

Régions inuites de l’Arctique auxquelles seront associés les navires de patrouille :

  • Région désignée des Inuvialuit (nord-ouest du Canada);
  • Région du Kitikmeot (centre du Nunavut);
  • Région du Kivalliq (sud du Nunavut);
  • Région de Qikiqtani (nord-est du Nunavut);
  • Nunavik (Nord québécois);
  • Nunatsiavut (nord du Labrador).
Les quatre régions inuites du Canada sont regroupées sous l’appellation « Inuit Nunangat » et regroupent plus de 45 000 Inuits au pays, selon Statistique Canada. (Inuit Tapiriit Kanatami)

Le NCSM Harry DeWolf est le plus grand navire de la Marine royale canadienne construit au pays depuis les 50 dernières années, explique le commandant Corey Gleason, qui était présent lundi à Iqaluit pour annoncer quelle région inuite serait associée au nouveau navire.

Nommé en l’honneur du commandant de la Marine royale canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale, le navire NCSM Harry DeWolf fait plus de 6500 tonnes et mesure 103 mètres de longueur sur 19 mètres de largeur. Sa structure permettra de loger un hélicoptère, des motoneiges, des véhicules et un hôpital pour mener des opérations d’aide humanitaire en cas de catastrophe. En moyenne, les six navires accueilleront chacun au moins 65 membres d’équipage.

« Habituellement, nous ne pouvons opérer dans la région que pendant le milieu de la saison navigable, lorsque les eaux sont libres de glace, c’est-à-dire entre la dernière semaine d’août et les deux premières semaines de septembre, mentionne Corey Gleason. Les nouveaux navires permettront maintenant aux équipages de mener leurs activités durant toute la période de navigation, qui s’étend environ du mois de juillet au mois d’octobre, précise-t-il.

Prendre en compte le savoir des Inuits

Lors de l’annonce, le commandant du NCSM Harry DeWolf, Corey Gleason, a fait valoir l’importance de collaborer avec les communautés inuites dans leurs opérations à venir.

« En se joignant à nos opérations [les Inuits] vont pouvoir nous donner des conseils liés au territoire, comme nous indiquer où il est préférable d’ancrer le navire pour qu’il y ait le moins d’impact possible sur l’environnement. »

Corey Gleason, commandant du NCSM Harry DeWolf

Il cite l’exemple des aires marines protégées, où plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs y construisent leurs nids. « Contrairement [aux Inuits], nous ne sommes pas les experts du Nord », ajoute-t-il.

Le président de l’Association inuite de Qikiqtani (AIQ), P.J. Akeeagok, a salué ce partenariat « basé sur le dialogue et la coopération », en particulier après les déplacements forcés qui ont eu lieu dans la région, dans les années 1950 et les années 1970, pour assurer la présence canadienne dans l’Arctique, a-t-il indiqué par voie de communiqué.

De gauche à droite : le commandant Richard Feltham, le commandant Corey Gleason, le président de l’Association inuite de Qikiqtani, P.J. Akeeagok, le premier ministre du Nunavut, Joe Savikataaq et le premier maître de 1ère classe (CPO1), Jamie Haas. (Marine royale canadienne)

Le premier ministre du Nunavut, Joe Savikataaq, a lui aussi applaudi ce nouveau partenariat. « Je me réjouis à l’idée de voir la Marine canadienne et nos collectivités dynamiques établir des relations mutuellement bénéfiques », a-t-il fait savoir dans un communiqué de presse.

Renforcer la souveraineté en eaux canadiennes

« L’arrivée prochaine des navires la Marine royale canadienne ne pourrait pas avoir lieu à un meilleur moment, en particulier avec l’engouement actuel des industries et du secteur touristique », affirme Corey Gleason, en faisant notamment référence à la popularité récente que connaissent les croisières dans d’autres régions de l’Arctique.

Récemment, Ottawa a manifesté un nouvel intérêt pour le renforcement de sa souveraineté dans les eaux arctiques. « Les navires vont assurer une présence dans le Nord », souligne-t-il.

Jeudi, le gouvernement fédéral a déposé une demande à la Commission des limites du plateau continental des Nations unies concernant son plateau continental dans l’océan Arctique pour revendiquer une partie des fonds marins dans la région.

Le NCSM Harry DeWolf effectuera une série de tests en haute mer entre les mois d’octobre et de mai, avant d’entrer officiellement en service au courant de la prochaine année.

Le nom de cinq des six navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique ont déjà été annoncés : le NCSM Margaret Brooke, le NCSM Max Bernays, le NCSM William Hall et le NCSM Frédérick Rolette, en plus du NCSM Harry DeWolf. Leur entrée en service est prévue chaque année d’ici 2024.

Dans un échange de courriels, la Marine royale canadienne a indiqué que le nom du sixième navire n’avait pas encore été déterminé et que les régions auxquelles seraient affectés les patrouilleurs faisaient toujours l’objet de discussions.

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