Whitehorse pourrait devenir la prochaine ville de l’Arctique canadien à déclarer l’état d’urgence climatique

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Les conseillers municipaux de Whitehorse, au Yukon, passeront au vote le 24 juin après avoir débattu d’une motion qui propose de déclarer l’état d’urgence climatique. (Claudiane Samson/Radio-Canada)
La capitale du territoire du Yukon, dans le nord-ouest du Canada, envisage de déclarer l’état d’urgence climatique.

L’un des six conseillers de la ville de Whitehorse, Steve Roddick, a déposé une motion en ce sens, lundi, lors d’une réunion du conseil municipal.

« Cette motion vise à reconnaître que notre climat est en crise et qu’il faut agir avec davantage d’urgence », explique Steve Roddick, en entrevue téléphonique depuis Whitehorse.

En plus de déclarer officiellement l’état d’urgence climatique, la motion viserait à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à augmenter l’efficacité énergétique et à créer un budget carbone qui serait intégré au cycle budgétaire annuel de la municipalité.

« [La somme] dépendra de nos objectifs et de notre stratégie, mais je pense que la Ville a déjà mis en place de bonnes initiatives pour faire face aux changements climatiques », explique-t-il, en donnant l’exemple d’une centrale photovoltaïque qui regroupera cet automne la plus grande concentration de panneaux solaires aménagés sur le toit d’un bâtiment au Yukon.

Si la motion est adoptée, Whitehorse emboîtera le pas à la Première Nation des Gwitchin Vuntut d’Old Crow, dans le nord du territoire, qui a adopté le 19 mai une déclaration d’urgence climatique liée aux nombreux bouleversements observés dans la région.

Le Nord canadien, premier témoin des changements climatiques

« Dans le Nord, nous sommes les derniers responsables des émissions de gaz à effet de serre, mais nous sommes aussi parmi les premiers au Canada à ressentir les effets des changements climatiques », poursuit le conseiller municipal.

Au mois d’avril, un récent rapport d’Environnement Canada révélait que le Nord canadien se réchauffait à un rythme trois fois plus élevé que le reste de la planète. La température moyenne y a augmenté de 2,3 °C entre 1948 et 2016, contre 1,7 °C dans l’ensemble du Canada.

Même s’il croit que la municipalité est sur une bonne lancée, Steve Roddick croit qu’il faut passer à une vitesse supérieure. « Tous les gouvernements doivent mettre les bouchées doubles, à la fois aux échelles municipale, provinciale, territoriale ou fédérale, souligne-t-il. Cela aurait dû être fait depuis des années. »

« Je pense que nous commençons à peine à réaliser que nous devrons avoir une empreinte neutre en carbone d’ici à 2050 si nous voulons éviter les pires conséquences des changements climatiques », lance-t-il.

Les six conseillers municipaux et le maire de Whitehorse, Dan Curtis, doivent se réunir lundi pour débattre de cette motion. Le vote aura lieu au conseil municipal le 24 juin.

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