La bienveillance pour humaniser la médecine dans le Nord québécois

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Les médecins Jean Désy et Vania Jimenez (Christian Côté/Radio-Canada)
Les médecins Désy et Jimenez n’abordent pas la santé comme la plupart de leurs collègues. Selon eux, l’intuition et l’art de sonder l’âme d’un patient sont aussi essentiels à la médecine que l’analyse des données biométriques. Grâce à un humanisme remarquable, leur engagement social rayonne bien au-delà de nos frontières.

Vania Jimenez est médecin de famille, mère de sept enfants et cofondatrice, avec sa fille Amélie Sigouin du centre de périnatalité La maison bleue, située à Montréal. À cette clinique, l’équipe de la Dre Jimenez accueille des femmes vulnérables qui ont connu des épisodes de violence.

Jean Désy est médecin, auteur, professeur et philosophe. Il a travaillé en étroite collaboration avec les communautés inuit du nord du Québec.

Les deux médecins se sont croisés à quelques occasions durant leur carrière, notamment dans le Grand Nord, où ils ont eu à travailler avec les communautés autochtones. Assis à la table d’un restaurant, ils évoquent les joies et défis de leur profession.

« Il y a des Inuit extraordinaires et remarquables là-haut, malgré la souffrance qui ne cesse d’augmenter. Je considère que c’est le peuple le plus facile à soigner. Je n’ai jamais côtoyé des êtres aussi résilients face à la mort et à la souffrance. »

Jean Désy, médecin

Jean Désy utilise une approche humaniste dans ses soins. À ses yeux, l’acquisition d’une culture générale vaste est aussi importante que la formation médicale.

Lao-tseu, Shakespeare, Dostoïevski, Dante et des auteurs religieux sont analysés dans ses cours.

Il veut aussi inculquer à ses jeunes étudiants l’idée que chaque patient a une histoire et qu’il importe de la connaître.

« Je dis aux étudiants, il faut que vous regardiez les patients, il faut les toucher. Serrez-leur la main. Il faut que vous les sentiez, leur odeur est importante. Il faut les percevoir dans leur globalité. Si vous ne faites pas ça, il y a une machine qui va se charger de faire le boulot. »

Jean Désy, médecin

Il poursuit en parlant de l’idée de transhumanisme qui pointe à l’horizon avec l’avancée de la technologie en médecine.

« Le danger auquel on est confronté, en tant que médecin, avec la technoscience, c’est qu’on en vienne à se prendre pour Dieu. Le jour où les soignants se prendront pour Dieu, on sera dans le caca. On va pouvoir vivre 300 ans, se faire remplacer le cerveau ou la langue. Mais si on perd l’âme… »

« On n’aura plus la joie. Est-ce que les robots éprouvent de la joie? » ajoute Vania Jimenez.

Confrontés quotidiennement à des croyances et à des idéologies qui entravent parfois leur mission de sauver la vie, les deux invités estiment qu’il faut agir sans jugement.
Comme le laisse entendre la Dre Jimenez, tous deux se sentent portés par un objectif noble qui est plus grand qu’eux. Et même s’ils se butent parfois à de l’incompréhension, ils doivent garder le sens du devoir. La mission de soigner prime.

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Le 15-18, Radio-Canada

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